Dans l’univers ingrat de la voiture exotique, il existe deux types de constructeurs : il y a les gros noms reconnus partout à travers le globe et… les autres. Logiquement, ces petits fabricants qui œuvrent dans l’ombre des Ferrari, Lamborghini et Bugatti de ce monde doivent trimer dur pour arriver à convaincre une poignée de richissimes clients d’opter pour leur produit plutôt que de choisir une marque déjà établie. C’est un peu le cas de la firme britannique Arash Motors qui vient à peine de dévoiler sa dernière création au récent Salon de Genève.

Les origines d’Arash Motors remontent à 2002, alors que son fondateur Arash Farboud lançait la Farboud GT, une voiture destinée à la course automobile. En 2003, la première voiture de production du constructeur, la Farboud GTS, sera à son tour présentée à la presse automobile. Seulement trois exemplaires verront le jour avant que les droits sur le design soient vendus à Farbio, un autre petit constructeur exotique.

Vient ensuite 2006, année où Farboud est rebaptisé Arash Motors avec, bien sûr, le plan de développer une nouvelle supervoiture. Quatre ans plus tard, l’AF10 voit le jour, mais malheureusement, celle-ci ne sera produite qu’une seule fois et fait toujours partie de la collection privée du fabricant. Remarquez, avec un prix demandé qui frise le million d’euros, il n’est pas étonnant que le carnet de commandes soit demeuré vierge.

Avec l’AF8, Arash Motors espère intéresser une clientèle un peu moins exclusive puisque les cibles avouées de la supervoiture ne sont rien de moins que la Ferrari 458 Italia et la McLaren MP4-12C, deux voitures qui, malgré leur singularité, demeurent abordables à côté des hypervoitures du marché.

L’AF8 n’a d’autre choix que d’être excellente à tous les niveaux puisqu’il s’agit de deux références dans le domaine des performances et du raffinement. Le châssis de cette voiture est un mélange d’acier renforcé, d’aluminium et de fibre de carbone, tandis que la caisse est entièrement composée de fibre de carbone. Malheureusement, en matière de design, l’AF8 ne brise pas les conventions avec une carrosserie racée, certes, celle-ci étant dépourvue de la fluidité des meilleures créations exotiques du moment.

Le bouclier avant demeure simple avec un petit capot qui abrite un minuscule coffre (42 L), des blocs optiques en forme d’amandes et trois trappes d’aération au niveau de pare-chocs. À l’arrière, les deux feux de position translucides sont disposés de part et d’autre de l’écusson du constructeur. Évidemment, cet aileron proéminent est difficile à manquer, et c’est la même histoire pour ce diffuseur qui laisse passer deux imposants pots d’échappement ovoïdes en plein centre.

Vraisemblablement, ce qui impressionne le plus sur cette AF8 se trouve juste au-dessus du gros moteur V8 logé en position médiane. Les entrées d’air, la fibre de carbone et toute cette transparence qui donne accès à la mécanique sont tous des éléments qui rendront heureux les mordus de chevaux-vapeurs. Ce tour du propriétaire serait incomplet sans mentionner les superbes jantes de 19 et 20 pouces que revêt l’AF8. Rassurez-vous, derrière elles, des freins à disques à 6 et 4 pistons respectivement s’occupent de ralentir les ardeurs du de celui ou celle qui tient le volant.

Comme plusieurs petits constructeurs, Arash Motors n’a pas cherché à concocter une mécanique unique pour sa supervoiture. Même que le bloc retenu pour la tâche est un V8 bien connu du public. Il s’agit du V8 de 7,0-litres qui prend place sous le capot de l’ancienne Z06. Développant une puissance de 550 chevaux et un couple optimal de 472 lb-pi, cette anglaise de 1200 kg n’aura aucune misère à accomplir le 0-97 km/h annoncé de 3,5 secondes. De plus, les puristes seront contents d’apprendre que la boîte de transmission retenue – pour les 36 premiers exemplaires – est une bonne vieille unité manuelle à six rapports.

Toutefois, cette recette n’a rien de nouveau et même si le V8 d’origine GM est un choix logique qui présente un potentiel énorme en matière de performance, il faut se rappeler qu’il est question ici d’une voiture exotique qui doit obligatoirement se démarquer dans ce bassin de bolides uniques.

Bien que les photos officielles ne montrent pas encore l’habitacle de l’AF8, il est déjà acquis que le cockpit sera habillé de tous les luxes associés à la possession d’une supervoiture. Il y aura donc du cuir et de la fibre de carbone à profusion, tandis qu’un écran tactile sera d’office pour que les passagers puissent naviguer à travers le système de divertissement.

Au moment d’écrire ces lignes, Arash Motors est en train d’évaluer la demande pour sa nouvelle AF8. Le prix de 165 000 £ (plus de 304 000 en dollars canadiens) est exagéré, surtout face à une Ferrari 458 Italia qui se vend moins cher et qui possède une réputation enviable. Mentionnons toutefois que ce tarif est prévu pour les 36 premiers exemplaires de l’AF8 qui revêtiront tous cette couleur jaune et noire, en plus d’avoir droit à une plaque à l’intérieur qui indique le numéro du châssis.

L’Arash AF8 réussira-t-elle là où le constructeur a échoué auparavant? La question est on ne peut plus pertinente. Sait-on jamais, le charme d’un V8 américain jumelé à l’expertise britannique sera peut-être suffisant pour convaincre les 36 premiers clients.