L’été 2017 aura été une saison riche en adrénaline, du moins au niveau des quelques bolides qui se sont retrouvés dans mon entrée de garage. Assurément l’une des voitures les plus électrisantes sur le marché – et je ne parle pas de son autonomie en mode électrique ici –, la Chevrolet Corvette Grand Sport me fait encore rêver la nuit pour sa sonorité unique et ses performances ahurissantes pour une voiture de ce prix.

C’est bien beau une Corvette, mais ce n’est pas très familial comme véhicule au quotidien. Heureusement, le constructeur – ou devrais-je plutôt dire Cadillac – y a pensé, la CTS-V étant non seulement une digne rivale des BMW M5, Mercedes-AMG E63 et Jaguar XFR de ce monde (pour ne nommer que celles-là), mais également une alternative plus raisonnable (!) au coupé Chevrolet.

Si la marque au nœud papillon voulait commercialiser une Corvette utilitaire, elle ressemblerait à cette limousine de performance. En fait, General Motors fait bien d’apposer un écusson de sa division luxueuse à cette plateforme à roues arrière motrices, car une Chevrolet dans le giron des marques allemandes de prestige n’aurait tout simplement pas sa place. Mais une Cadillac, avec tout le progrès réalisé au cours des deux dernières décennies, mérite amplement la sienne aux côtés des meilleures de l’industrie. Voilà pourquoi (en 5 points) Chevrolet n’a pas besoin d’une Corvette à quatre portes.

Sous le capot de la CTS-V se trouve un monstre de puissance, emprunté à nulle autre que la Corvette Z06. Le V8 de 6,2-litres suralimenté livre la bagatelle de 640 chevaux-vapeur et un couple tout aussi impressionnant de 630 lb-pi, l’engin étant accouplé à une boîte de vitesses automatique à 8 rapports, avec palettes montées au volant bien entendu! Et à l’instar de la Corvette, la CTS-V fait uniquement confiance aux roues arrière pour avancer.

Il faut l’avouer, dans ce créneau, la sonorité des V8 est à point. Même la Lexus GS-F n’est pas piquée des vers. Mais la Cadillac a ce « je-ne-sais-quoi » plus brutal qui la relie justement à la sportive Corvette. Chaque démarrage est un spectacle, et c’est un peu le même scénario lorsque le pied droit enfonce la pédale au plancher.

Pour séduire cette clientèle exigeante, une berline de luxe se doit aussi d’être confortable au possible. Et je me dois de dire que les ingénieurs de la marque ont accompli de l’excellent boulot dans ce cas-ci. Est-ce à cause des sièges Recaro à la première rangée? Peut-être.

S’il y a un élément que GM maîtrise, c’est l’efficacité de sa suspension magnétique et encore une fois, la CTS-V bénéficie de ce tour de magie. Non seulement celle-ci contribue à isoler les occupants du monde extérieur, mais elle autorise aussi une tenue de route peu commune.

Il y a aussi ce sentiment d’insécurité qui règne à bord, celui qu’on associe à une bête de la route. La CTS-V n’est pas aussi ravageuse qu’une Dodge Challenger Hellcat, mais avec une telle mécanique et un rouage à deux roues motrices, il est possible de rapidement perdre le contrôle. Certes, les aides à la conduite sont là pour minimiser cette possibilité, mais entre de mauvaises mains, la Cadillac la plus puissante de l’histoire pourrait causer beaucoup de dégâts. Il faut donc apprendre à la respecter, une réalité de plus en plus rare à l’ère de l’automatisation.

Elle me fait peur cette voiture, mais je l’aime quand même, surtout que je peux asseoir mes deux petits bonshommes à l’arrière!