Notre-Dame-de-la-Merci, QC – Au fil des années, ce métier que j’adore m’a permis de découvrir des voitures incroyables à conduire, que ce soit sur la route ou sur un circuit des plus exigeants.

Si je me concentre uniquement sur l’année 2016, je dois l’avouer, le constructeur Ford a su raviver mon intérêt pour ses créations à haut taux d’adrénaline. Mon premier coup de cœur provenant de l’ovale bleu a été rencontré au printemps dernier alors que j’assoyais mon popotin au volant d’une Mustang Shelby GT350 2017.

Quelques semaines plus tard, une certaine Ford Focus RS est venue s’ajouter à ma liste de bolides Ford désirables. Bien que dispendieuse à l’achat, cette compacte survitaminée s’est avérée une belle découverte pouvant être « pilotée » à l’année.

Finalement, quelques semaines avant le congé du temps des fêtes, le constructeur m’invitait à aller essayer la version 2.0 de son mythique Raptor. Le F-150 élaboré pour rouler à fond de train dans les dunes du désert du Mohave dans le sud de la Californie – et ailleurs sur le globe également – m’a littéralement jeté par terre en ce qui a trait à ses capacités et son comportement général.

Mais tous ces essais se sont déroulés sur le sec, en pleine saison estivale alors que l’adhérence est au maximum. Mais la réalité des automobilistes d’ici est tout autre puisque nous devons composer avec la saison froide, ce qui peut amener à quelques débordements en matière de conduite… si vous voyez ce que je veux dire!

Le constructeur de Dearborn avait convié, en cette fin du mois de février, quelques membres de la presse automobile à découvrir ce dont était capable la Ford Focus RS et le Ford F-150 Raptor lorsque la route est recouverte de glace et de neige. Comment se sont-ils débrouillés dans ces conditions? C’est ce que je tente de vous expliquer plus bas.

Le fait d’avoir grandi avec de petites voitures compactes à roues avant motrices me fait pencher pour cette bombe des temps modernes. Après tout, en version plus civilisée, la Ford Focus n’est pas tellement éloignée des voitures économiques des années 80 et 90.

Mais, en tenue sportive, la Focus RS est un autre animal. Avec 350 chevaux de puissance et un couple de 350 lb-pi, une boîte de vitesse manuelle à 6 rapports rapprochés et un rouage intégral sophistiqué, la rivale des Subaru WRX STi et Volkswagen Golf R de ce monde est un outil idéal pour attaquer un tracé sinueux et glacé.

Les voitures présentes à cette démonstration hivernale – du moins celles confinées au Complexe Mécaglisse – étaient équipées de pneumatiques cloutées, un avantage que ne détient pas l’ensemble hivernal livré d’office avec la Ford Focus RS canadienne. Les pneus Michelin Pilot Sport Alpin PA4 s’avèrent parfaits pour une utilisation régulière, mais lorsqu’il est question de rouler sur un plancher de glace, des crampons additionnels sont de mise.

En sélectionnant le mode « Drift », la Focus RS se fait plus permissive, ce qui laisse place aux dérapages contrôlés. Avec l’espace pour se laisser aller au jeu du pilotage hivernal, la voiture n’a fait que briller en de pareilles circonstances. Ce qui étonne encore plus, c’est la docilité de la voiture. En effet, il n’est pas nécessaire d’être un as du volant pour réussir à conduire de manière agressive.

En ce qui concerne la camionnette développée pour les adeptes de conduite hors route, il s’agit d’une toute autre histoire. Non seulement les dimensions du « pickup » sont plus imposantes, mais avec une mécanique V6 biturbo livrant 450 chevaux et un couple encore plus gargantuesque de 510 lb-pi, une boîte de transmission automatique à 10 rapports et une suspension Fox Racing pouvant supporter des atterrissages plus musclés, le Raptor est dans un segment qu’il a lui-même créé en 2010 à l’arrivée de la première génération du modèle.

Le nouveau modèle est franchement plus aiguisé que la camionnette F-150 sur laquelle il repose. Sa direction donne l’heure juste sur ce qui se trouve sous le véhicule, et la suspension est toujours aussi surprenante même à la limite dans les virages abordés à vive allure.

En mode Baja, le Raptor inspire confiance malgré les à-coups ressentis à chaque fois que la transmission change de rapport. Malheureusement, nous n’avons pas pu pousser le 4×4 à la limite, le tracé prévu par le Complexe Mécaglisse étant trop étroit pour effectuer des manœuvres de dérapage. De toute manière, les pneumatiques d’origine n’auraient pas été adéquates pour négocier les virages gelés pour la Focus RS.

Heureusement, une escapade sur une route des environs nous a confirmé à quel point ce gros véhicule était amusant à conduire.