Qu’avons-nous en commun avec les Dan Gurney, Parnelli Jones et Vic Elford de ce monde? À priori, pas grand-chose, à part peut-être une passion avouée pour la course automobile. Ces pilotes de la série Trans-Am des années 60-70 ont tous connus la gloire sur les circuits nord-américains au volant de voitures américaines transformées pour battre des records sur la piste.

Les Ford Mustang Boss, Chevrolet Camaro Z/28, AMC Javelin, Plymouth ‘Cuda AAR et autres machines diaboliques de la belle époque font encore vibrer les amateurs de nos jours et la bonne nouvelle, c’est qu’il est désormais possible de vivre – ne serait-ce qu’un bref moment – l’adrénaline que ressentait ces as du volant lorsqu’ils étaient en piste.

L’Expérience de Course Vintage, une entreprise supportée par le Groupe Network, avait convié quelques mordus ainsi que des membres de la presse automobile le 4 mai dernier au complexe de course Sanair, à Ste-Pie-de-Bagot, pour vivre cette expérience tout droit sortie des années 60-70.

Le concept est simple. Les amateurs peuvent prendre le volant d’une Ford Mustang modifiée selon les normes des années 60-70 ou même prendre place du côté droit pendant qu’un pilote habitué à ces muscle car du passé s’efforce de rendre vos mains moites pendant quelques tours. Même si le fait d’avoir les deux mains sur le volant rehausse de beaucoup les sensations, le passager n’est pas en reste pour autant. Selon les différents pilotes (tous membres de Course Vintage Québec) qui s’occupent d’accrocher un sourire au visage des passionnés, les Mustang modifiées sont capables d’atteindre 205 km/h sur la ligne droite du circuit routier, ce qui, dans une voiture de cet âge, s’avère franchement plus authentique que dans une voiture moderne dotée d’un châssis hyper rigide, d’une suspension indépendante et de tout ce qui rend notre conduite au quotidien si facile.

Malheureusement, pour cette première journée d’activités, Dame nature n’a pas voulu coopérer avec les organisateurs, et les amateurs par surcroît. La pluie glaciale de ce printemps qui n’en finit plus de finir était bel et bien au rendez-vous. Qu’importe, les pilotes de la série Trans-Am se foutaient bien des caprices de la météo il y a 40 ans, et c’est exactement ce que se sont dit les gens d’ECV. « The show must go on », comme disent si bien nos compatriotes anglophones.

Expérience Course Vintage tient également à joindre l’utile à l’agréable. C’est pourquoi une partie des profits de la vente des différents forfaits seront remis à des organismes de bienfaisance. En fait, ECV remettra 10% du prix à la Société canadienne de La Sclérose en Plaques. Il est également possible d’organiser des forfaits sur mesure dans l’unique but d’organiser des campagnes de levées de fonds. Bref, les entreprises qui veulent récompenser leurs employés tout en amassant des fonds pour une bonne cause devraient considérer cette avenue.

L’entreprise compte, pour l’instant, quatre Ford Mustang de première génération pour ses séances de pilotage à l’ancienne. Bref, pour ceux qui préfèrent les produits des marques rivales, il faudra regarder ailleurs ou attendre l’an prochain car une Dodge Challenger 1970 et une Camaro 1967 ou 1969 devraient s’ajouter au choix de bolides. Remarquez, le choix du ponycar de Dearborn est très logique : les pièces de rechange pour ce modèle populaire abondent et c’est la même histoire pour les composantes spéciales utilisées en course automobile.

La Mustang 1965 no.65 appartenant à Emmanuel Moreira, pilote et propriétaire du Groupe Network, est une voiture qui roule déjà sa bosse en course automobile depuis un certain temps. Visiblement, celle-ci est usée par le temps et ses nombreuses présences sur le circuit, mais c’est justement ce qui fait son charme. L’autre coupé blanc de 1965 venait à peine de sortir de l’atelier. C’est d’ailleurs celle-ci que les organisateurs de l’événement m’ont confiée pendant quelques minutes sur le tracé de Sanair.

Les bolides sont équipés du V8 de 289 pouces cubes et/ou de celui de 302 pouces cubes. Trois des voitures sont équipées d’une boîte manuelle, tandis qu’une d’entre elles n’a que deux pédales pour ceux et celles qui préfèrent les boîtes automatiques.

Évidemment, une voiture élaborée pour la course a perdu beaucoup d’équipement pour économiser du poids, mais en a aussi gagné pour rendre l’exercice des plus sécuritaires. L’arceau de sécurité est incontournable, tout comme les ceintures à cinq points d’ancrage qui vous vissent littéralement au siège sport. D’ailleurs, ce dernier est autrement plus enveloppant que celui de votre véhicule de tous les jours. Dans les courbes, le pilote et le passager ne bougent absolument pas, ce qui est essentiel pour garder le contrôle.

Question de ressentir les capacités de la voiture, j’ai tout d’abord laissé le volant à Steve, l’un des pilotes du groupe, qui m’a indiqué les endroits propices aux accélérations, aux freinages et même aux dérapages – la ligne droite de Sanair étant particulièrement glissante sur le bloc de départ de la piste d’accélération. Puis, après un arrêt aux puits sous la tente, c’était enfin à mon tour de m’élancer sur le circuit de Sanair.

Une fois la position de conduite optimale trouvée grâce au siège ajustable, il ne restait plus qu’à mettre en place le volant de course, d’enclencher l’embrayage et de placer le levier de vitesse en première. Dès le premier coup de volant, j’ai remarqué que la direction n’est absolument pas assistée. Misère, les voitures modernes n’ont réellement plus rien à voir avec ce coupé de 1965.

Ce n’est pas grave, rendu sur la ligne droite, je montais les rapports, essayant de calibrer mon pied droit avec la puissance du V8 afin de ne pas faire patiner les pneus du train arrière, car les systèmes antipatinage n’existaient pas en 1965! Au bout du circuit, la Mustang était en quatrième vitesse, il fallait donc rétrograder en troisième. Une simple manœuvre de talon-pointe suffisait pour faire rugir l’échappement latéral de cette caisse américaine. Heureusement, le levier de vitesse n’était pas trop difficile à manier, idem pour l’embrayage. En virage, la direction non assistée ne permettait pas d’obtenir une ligne aussi fluide qu’avec une BMW M3 récente par exemple, mais malgré tout, j’ai fini par y arriver sans trop de peine.

Pour la portion restante du circuit, il était recommandé de garder la voiture en troisième vitesse, la rétrogradation n’étant pas recommandée avec ces conditions difficiles, surtout que, dans ce cas-ci, la Mustang sortait à peine du garage. Il aurait été stupide qu’elle se retrouve dans le mur de sécurité, n’est-ce pas? Steve m’a confirmé que par temps sec, une rétrogradation en deuxième aurait été possible. Nous avons roulé pendant quelques tours supplémentaires avant de revenir dans les puits, la Mustang n’étant pas équipée de système de ventilation ni d’essuie-glaces. Il était impossible de continuer sans un minimum de visibilité.

Si ce concept vous intéresse, sachez qu’ECV sera de retour au complexe Sanair le dimanche 28 et 29 juin prochain. Pour plus d’informations, cliquez ici.