S’il y a un élément qui ressort de ce premier weekend de Formule E au centre-ville de Montréal, c’est qu’il n’a laissé personne indifférent. Devant des milliers d’amateurs de sport motorisé, le championnat de Formule E – qui n’en est qu’à sa troisième saison rappelons-le – s’est conclu au centre-ville de la métropole québécoise avec le pilote brésilien Lucas Di Grassi de l’écurie Abt Schaeffler Audi Sport au premier rang du classement général, devançant son rival de l’écurie Renault e.dams, Sébastien Buemi, champion de la saison précédente.

La fin de semaine de ce dernier ne s’est pas très bien déroulée, Buemi qui menait avant la présentation de ces deux dernières courses de la saison. C’est son plus proche poursuivant qui en a profité pour le coiffer au final, tandis que l’écurie Renault e.dams peut se consoler d’avoir remporté pour la troisième fois consécutive le titre de constructeur champion de la série, un exploit qui deviendra plus ardu à répéter avec l’arrivée de gros noms en Formule E dès l’an prochain.

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Mais au-delà des enjeux du sport motorisé le plus électrique de la planète, il est temps de passer aux bilans de ce long weekend de course automobile. J’y étais à ce Hydro-Québec Montréal ePrix 2017, ma curiosité n’ayant pu résister à telle invitation. Et je dois l’avouer, je suis encore attaché aux bolides à essence du passé, mais quelque chose me dit que ce mouvement électrique vient de prendre un sacré tournant après cette fin de semaine riche en émotions. J’ai donc décidé de vous livrer mes impressions de ce rendez-vous international.

D’emblée, on peut parler de conditions parfaites pour le déroulement de cette dernière manche du championnat de Formule E. Dame nature aura été clémente avec les écuries, les amateurs, mais surtout les organisateurs qui comptent sur le beau temps pour maximiser la rentabilité de cet événement d’envergure. En fait, en discutant avec les gens de la FiA, la pluie ne s’est presque jamais pointé le bout du nez en trois ans d’existence. Pour revenir à la course montréalaise, une mauvaise température aurait nui à l’achalandage, ça va de soi.

N’en déplaise aux détracteurs de ce grand prix urbain, le site choisi pour la tenue de la course était superbe. Les prises de vue montrées à la télévision via l’hélicoptère étaient à couper le souffle; les Montréalais peuvent être fiers de ce qui a été montré à travers le globe cette fin de semaine. Avec le pont Jacques-Cartier, la brasserie Molson et les nombreux immeubles avoisinants, le circuit urbain n’avait rien à envier aux autres villes impliquées dans le championnat de Formule E… à part peut-être Monaco!

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Qui plus est, la proximité du métro facilite grandement l’accès à ce rendez-vous annuel, la FiA ayant déjà confirmé le retour de l’événement les 28 et 29 juillet 2018. Et je me dois d’applaudir la décision d’avoir « donné » le métro aux utilisateurs durant le weekend. Pour éviter toute la congestion de la métropole en reconstruction, cette solution était tout indiquée.

En discutant avec quelques amateurs présents dans les gradins aménagés, j’ai également pu me rendre compte que ce nouveau chapitre du sport motorisé à Montréal semble faire l’unanimité, malgré le fait que ne ce sport demeure encore peu connue de la majorité. Que ce soit pendant la course ou non, le sourire était sur toutes les lèvres.

Il serait permis de croire que la Formule E est un sport moins excitant, les formules de la série étant moins bruyantes que les monoplaces de Formule 1 par exemple. Pourtant, il y a bel et bien une sonorité particulière – quasi futuriste – qui émane de ces bolides aux carrosseries multicolores. Et n’oublions pas les pneus qui se font entendre dans les virages ou les zones de freinage. Mais il est vrai que l’élément son est un avantage
indéniable en milieu urbain.

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La fin de semaine a également exposé au grand jour la fragilité des voitures, l’accident de Sébastien Buemi en qualifications ayant détruit ou presque sa voiture qu’il allait piloter quelques heures plus tard en piste. Finalement, cette reconstruction allait s’avérer fautive, les commissaires de la FiA ayant jugé que la voiture du principal intéressé était trop légère. D’autres incidents ont également démontré que ce sport motorisé est plus qu’une campagne de sensibilisation envers l’énergie électrique.

Au final, la Formule E a fait bonne première impression, le spectacle étant à la hauteur des attentes des 45 000 spectateurs ayant franchi les tourniquets.

La série Formule E est également une occasion pour les nombreux partenaires d’illustrer leur lien avec le championnat. Des constructeurs déjà impliqués aux commanditaires sans oublier les organismes, le choix ne manquait pas pour informer le public pendant les temps morts de l’événement principal. L’eVillage – le plus vaste de la série selon les organisateurs – a d’ailleurs été le théâtre de toutes ces démonstrations, mais également celui d’attractions d’un autre acabit. Mais l’intérêt des Québécois semble de plus en plus fort envers l’énergie électrique, celle que promeut la société d’État Hydro-Québec.

Avec une fin de semaine sans anicroches majeurs, le Montréal ePrix semble là pour rester… du moins jusqu’à la fin de son contrat dans deux ans. Il faudra toutefois surveiller le dossier, la tour de Radio-Canada ayant été vendue pour faire place à plusieurs nouveaux bâtiments sur cet immense terrain. Les travaux vont d’ailleurs débuter la semaine prochaine.