Le quotidien de chroniqueur automobile m’amène à essayer une multitude de véhicules tous différents les uns des autres. Évidemment, certains d’entre eux marquent davantage mon parcours que d’autres et les exemples ne manquent pas, mais la BMW i8 est définitivement dans une classe à part.

D’emblée, la plus éclatée des « béhèmes » fait partie du segment des voitures exotiques avec sa silhouette de prototype, ses portières en ailettes et son prix de base astronomique, trois caractéristiques propres à ce segment élitiste.

Toutefois, la BMW i8, c’est bien plus que ça à mon avis! Le constructeur a d’abord et avant tout décidé de commercialiser cette étrange voiture sport pour montrer à toute la planète qu’il était possible d’allier plaisir de conduire et conscience écologique.

Sans plus tarder, voici 5 raisons qui rendent cette i8 si unique à mes yeux.

À voir le nombre de piétons et d’automobilistes qui se sont retournés à la vue de la carrosserie blanche, noire et bleue de l’exemplaire prêté pour mon essai routier, il n’y a pas de doute, la BMW i8 fait vraiment tourner les têtes partout où elle passe. Non pas que les Lamborghini, Ferrari ou McLaren de ce monde sont monotones à regarder, mais il y a ce parfum de prototype qui ressort du design de l’i8 comme ces bas de caisse qui pénètrent sous le véhicule ou ces piliers à l’arrière en forme de « U » qui donnent à la voiture un aileron naturel. Chaque modèle automobile a son langage, ça va de soi, mais l’i8 a ce petit quelque chose de spécial.

Bien entendu, les portières en ailettes sont là pour impressionner la galerie, le voisinage, les clients à l’épicerie et même les parents qui déposent leur enfant à l’école le matin – oui j’ai osé emmener mon garçon avec cette exotique voiture. Mais, ce qu’il ne faut pas oublier, ce sont les acrobaties qu’il faut effectuer pour s’y glisser. C’est bien beau un châssis en fibre de carbone et des portières qui s’envolent, mais pour s’asseoir dans cette cabine, il faut faire preuve de souplesse. Il y a pire dans l’industrie, mais l’i8 est définitivement le genre de voiture que je recommande de conduire avec des pantalons… si vous voyez ce que je veux dire!

Vous vous mettes un doigt dans l’œil si vous croyez que la BMW i8 est une voiture utilitaire au quotidien. Non seulement la deuxième banquette est réservée aux enfants qui n’ont plus besoin de siège d’appoint – il y a bien des points d’ancrage, mais c’est un peu juste à ce niveau –, mais en plus, le coffre à l’arrière partage son volume avec un moteur 3-cylindres turbo monté en position centrale. Bref, pour « flasher » et pour s’amuser au volant, l’i8 est parfaite, mais pour aller au chalet avec la marmaille, un X5 sera plus adéquat!

Elle commence déjà à montrer des signes de vieillesse cette i8, du moins au point de vue technique. Voyez-vous, l’autonomie en mode électrique n’est que de 25 km, ce dernier pouvant être rechargé lorsque la voiture est placée en mode Sport. À ce sujet, le petit 3-cylindres turbo emprunté à la MINI Cooper de base s’occupe de charger les batteries assez rapidement lorsque la voiture roule. La bonne nouvelle, c’est que le constructeur prépare une mise à niveau du modèle pour 2018. On peut s’attendre à un peu plus d’autonomie en mode électrique. Le moteur électrique travaille de concert avec une boîte de vitesses à 2 rapports, tandis que le moteur essence est accouplé à une boîte automatique à 6 rapports.

Et n’oublions surtout pas que la BMW i8 de 1485 kg, soit quelques kilos de plus qu’une Honda Civic à hayon. Et ce n’est pas l’équipement qui manque à bord de ce vaisseau spatial pour la route! Le poids santé obtenu par l’ingénierie bavaroise est le résultat d’un châssis et d’une carrosserie en fibre de carbone.

Mais avant tout, une voiture possédant un tel look se doit d’accrocher un sourire au visage de son conducteur. Et à ce chapitre, l’exotique de BMW ne déçoit pas outre mesure. Il est vrai qu’un coupé M4 est plus sauvage dans son approche, mais si la BMW i8 représente l’avenir, j’embarque! La tenue de route de cette voiture à 4 roues motrices est impressionnante, la direction est précise, la boîte de vitesses est efficace et la sonorité du petit moulin à l’arrière est un charme à entendre, surtout lors des fortes accélérations. Et au final, c’est grâce à cet aspect que maîtrise encore plutôt bien le constructeur que les autres détails un peu agaçants disparaissent au fil des kilomètres passés au volant de cet incroyable morceau d’ingénierie.