Fraîchement dévoilée à l’occasion du dernier Salon de Genève, la plus récente création à sortir des ateliers de Woking, en Angleterre, la McLaren 650S, vient s’insérer directement entre les deux bolides connus du public, soit la MP4-12C et la P1 qui, soit dit en passant, fait déjà partie de l’histoire puisque tous les exemplaires ont trouvé preneurs.

Mais revenons à cette nouvelle McLaren, une troisième en moins de cinq ans pour la marque britannique. Les plus fins auront déjà remarqué que la 650S (pour une puissance de 650PS ou 641 chevaux-vapeurs, le S signifiant « Sport ») s’apparente drôlement à la MP4-12C, surtout à partir du pilier A jusqu’à l’arrière. S’il est vrai qu’à plusieurs niveaux, cette 650S semble être une évolution de la 12C, il n’en demeure pas moins que cette variante repousse un peu plus les limites de la physique en présentant des performances plus convaincantes, même si, avouons-le, le modèle de base de la firme britannique n’avait rien à se reprocher de ce côté.

Toujours est-il que cette McLaren 650S emprunte également au haut du pavé, le museau de celle-ci étant clairement inspiré de la P1 avec ces phares en formes de boomerang qui viennent encercler un bouclier assombri, au même titre que la super McLaren. D’ailleurs, les ingénieurs de la marque affirment que cette rhinoplastie ajoute beaucoup d’appui aérodynamique, ce qui améliore du même coup la sensation au niveau de la direction lors des virages serrés ainsi que l’agilité.

D’ailleurs, la caisse de la 650S a bénéficié d’un travail plus poussé en soufflerie puisque les petites ailettes logées derrière les roues avant redirigent l’air vers l’arrière de la voiture, ce qui optimise encore plus la stabilité à haute vitesse. Les deux modèles – MP4-12C et 650S – présentent le même coefficient aérodynamique, mais la plus récente des deux utilise mieux l’air ambiant grâce à l’appui supplémentaire. McLaren avance qu’à 241 km/h, cet appui est 24% plus important que sur la 12C.

Derrière les portières en ailettes – on ne change pas une recette aussi dramatique après tout –, des prises d’air élargies permettent au moteur d’aspirer tout l’oxygène nécessaire à une paire de radiateurs compacts qui s’occupent de refroidir cette cavalerie sollicitée au possible. D’ailleurs, parlons-en de ce fameux moteur V8. McLaren continue d’exploiter le même huit-cylindres biturbo déjà boulonné dans les deux plus récents modèles de la marque.

La cylindrée de 3,8-litres demeure identique; c’est plutôt le chiffre de puissance qui grimpe quelque peu. Avec 641 chevaux et un couple maximal de 500 lb-pi, la 650S gagne donc 25 purs-sangs additionnels et 57 lb-pi par rapport à la MP4-12C, ce qui n’est pas rien compte tenu des améliorations amenées à la stabilité. Également au programme, la transmission sept rapports à double embrayage de la 12C reprend le collier, mais des ajustements ont été apportés à cette unité afin de perfectionner les changements de rapports, que ce soit en conduite urbaine ou sur la piste à vive allure.

McLaren a aussi travaillé de concert avec Pirelli afin que les pneumatiques montées sur la 650S soient à la hauteur des attentes. Les P Zero Corsa, également installés sur les nouvelles Ferrari California T et Lamborghini Huracán, sont spécialement adaptés à la 650S. Quant aux jantes ultralégères à cinq branches doubles, elles sont spécifiques à cette version.

Outre le travail accompli à l’avant et au niveau de l’entrée d’air, la 650S voit son fameux aérofrein optimisé pour l’occasion. Contrairement à celui qui équipe les versions 12C – qui s’active uniquement lors des freinages ou en mode Aero –, l’aileron arrière se relève à chaque fois que la voiture a besoin d’appui aérodynamique, ce qui bien entendu accroit la stabilité à haute vitesse. Finalement, le pare-chocs arrière jumelé au diffuseur est inspiré de celui utilisé sur la version de course, la MP4-12C GT3.

Aucune surprise à l’intérieur puisque l’habitacle de la 12C est reconduit sans grand changement et personne ne s’en plaindra. Tous les luxes du modèle 12C s’y retrouvent comme la radio satellite, la connectivité Bluetooth, ainsi que le système de navigation, tandis que la qualité d’exécution est toujours au rendez-vous. Toutefois, le carnet d’options se fait plus généreux avec des baquets de course fixes en fibre de carbone, un ajustement électrique de la colonne de direction et plusieurs composantes en fibre de carbone pour habiller le cockpit.

Le constructeur est inévitablement fier de sa plus récente création, les performances annoncées étant supérieures à celles de la 12C. Par exemple, le 0-100 km/h n’est l’affaire que de 3 petites secondes, tandis que le 0-200 km/h ne prend que 8,4 secondes. La vitesse maximale officielle est de 333 km/h. À titre indicatif, la mythique McLaren F1 du siècle dernier avait besoin d’une seconde additionnelle pour abattre le 0-200 km/h.

Pour les quelques chanceux qui seraient intéressés par cette nouvelle 650S, sachez que 18 colorations extérieures sont offertes, tandis que six ambiances différentes dans l’habitacle sont disponibles. Outre les options supplémentaires, il vous reste maintenant à déterminer si vous la voulez avec un toit fixe ou non. Oui, la McLaren 650S peut aussi être commandée avec un toit amovible.