Le Salon de Genève ouvre ses portes au public cette semaine et les visiteurs les plus avisés noteront que les mannequins féminines habillées de robes courtes et portant de hauts talons seront sous-représentées.

Qu’est-ce qui se cache derrière cette révolution après plus d’un siècle de salons automobiles? Le mouvement #MoiAussi (ou #MeToo dans la langue de Shakespeare), bien sûr. C’est du moins ce qu’indique l’agence Bloomberg, à quelques jours de l’ouverture du premier rendez-vous européen d’envergure de l’année 2018.

Les habitués de cette exposition suisse (et de la plupart des autres salons internationaux, d’ailleurs) savent très bien que les constructeurs font appel à des mannequins vêtues de robes seyantes afin d’attirer la clientèle masculine.

Bloomberg a interrogé quelques constructeurs à ce sujet et la plupart d’entre eux ont indiqué qu’ils allaient continuer d’engager des intervenants féminins et masculins pour répondre aux questions des consommateurs. Mais contrairement aux mannequins jadis embauchés pour mettre en valeur un ou des modèles automobiles, ceux et celles qu’il conviendra désormais d’appeler les experts du produit seront vêtus de tenues plus sportives que séduisantes.

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«Les temps changent», a affirmé Sara Jenkins, une relationniste suisse du groupe Nissan interrogée par l’agence sur le fait que le constructeur a déjà cessé son association avec des mannequins, l’an passé. «Ça fait plus de sens de faire appel à des spécialistes de nos produits pour vendre nos véhicules,» a dit la porte-parole.

Chez Lexus, on a confirmé qu’il n’y aura pas de mannequins à Genève, une stratégie que préconise aussi le groupe FCA. On se rappellera que les divisions italiennes du groupe (Fiat, Alfa Romeo et Maserati) étaient passées maîtres dans « l’art d’embellir » leurs kiosques respectifs avec des femmes en robe de soirée.

D’ailleurs, et en prévision à ce qui semble être une espèce en voie de disparition, voyez dans notre galerie-carrousel les plus belles de nos… photos prises lors des derniers salons.

Ils sont nombreux, les joueurs de l’industrie, à avoir utilisé cette stratégie du «sex sells» au fil des années. Des marques exotiques comme Lamborghini, Bentley, Ferrari, Porsche ou même Rolls-Royce sont du nombre, et il y en a d’autres.

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Bloomberg a même interrogé les gens de Pirelli, le fabricant de pneus associé à ce calendrier assez osé publié depuis… 55 ans! Les habitués de ce numéro de collection savent que les photos qui illustrent chacun des 12 mois de l’année ne comportent pas beaucoup de tissu… À ce sujet, soulignons que le consortium de pneumatiques a changé son fusil d’épaule pour l’édition 2018 du calendrier Pirelli, avec un ton artistique définitivement autre.

Rappelons que le mouvement #MeToo (#MoiAussi) a déjà poussé les organisateurs du grand cirque de la F1 à retirer les « grid girls » des lignes de départ des courses de la saison 2018. Et il y a fort à parier que d’autres séries de sport motorisé feront de même au fil des prochains mois ou années.

Reste maintenant à voir si des salons plus spécialisés comme le SEMA Show de Las Vegas ou l’Essen Motor Show en Allemagne renonceront eux aussi aux mannequins, l’industrie de la performance et du tuning étant encore, plus que toute autre, attachée à cette association entre la femme et l’automobile.