Après des années de développement, la Porsche 918 Spyder fait désormais partie du paysage automobile. La plus récente création de Stuttgart s’inscrit dans cette catégorie supérieure des hypervoitures (Bugatti Veyron, McLaren P1, Ferrari LaFerrari, etc.) et sa venue risque de ne pas passer inaperçu dans l’histoire. Elle devrait succéder dignement aux Porsche 959, 911 GT1 et Carrera GT, trois modèles qui ont marqué leur époque respective.

Comme c’est le cas pour la plupart des produits Porsche, la 918 Spyder est étroitement liée à la course automobile. La division allemande effectue un retour aux 24 Heures du Mans en 2014 et la motorisation V8 qui se retrouve à bord de la 918 Spyder est fortement influencée par la motorisation du bolide RS Spyder, un prototype LMP2 qui a déjà fait ses preuves en course d’endurance ces dernières années. Évidemment, la 918 Spyder est une voiture tout à fait légale pour la route, mais ses performances seront très près de celles d’une voiture de course. En fait, le prototype 919 Hybrid qui participera à la célèbre épreuve française bénéficie également des avancées technologiques utilisées sur la 918 Spyder.

Le châssis en CFRP (Plastique Renforcé de Fibre de Carbone) assure une rigidité fondamentale dans ce genre de fusée sur roues, les panneaux de carrosserie étant également moulés dans le même matériel ultraléger. Chaque composante de la voiture a bénéficié d’une attention particulière en matière de poids : système de freinage en carbone-céramique, réservoir à essence en aluminium, jantes optionnelles en magnésium et échappement double réalisé dans un alliage baptisé Inconel.

En matière de design, cette nouvelle super Porsche rappelle étrangement la Carrera GT, même si la silhouette de la 918 est bien plus moderne avec son museau très épuré, tandis que les flancs ornés de trappes d’aération derrière les portières complimentent à merveille la ligne. Le diffuseur est incontournable, les feux de position éclairés par la technologie DEL sont superbes et l’aileron ajustable est lui aussi un signe des capacités exponentielles de cette bombe allemande. Puis, il y a ce compartiment moteur regorgeant de fibre de carbone qui présente non seulement ces deux énormes pots d’échappement qui pointent vers le ciel (!), de même que ces deux arceaux au dos de chaque passager. Un pur délice pour l’œil!

Puis, pour ceux qui trouveraient que les 845 000 $ américains demandés pour le modèle de base, il est possible de faire grimper la facture à 929 000$ avec l’ensemble optionnel Weissach. Celui-ci vient d’office avec des coloris spéciaux pour la carrosserie – celui qui rend hommage aux voitures de course Martini est tout simplement sublime –, mais également des jantes allégées en magnésium (35 kg en moins), des ceintures de sécurité en 6 points en plus d’ajouts aérodynamiques extérieurs, tous réalisés en fibre de carbone.

Bien que les puristes salivent à l’idée d’entendre rugir ce V8 développé en course automobile, il ne faut pas oublier que cette hypervoiture est une hybride. Oui, la 918 Spyder peut semer presque n’importe quelle voiture derrière elle en une fraction de seconde, mais elle est également capable de consommer de l’essence comme une Toyota Prius.

Un moteur électrique est donc accouplé au V8 à aspiration normale qui livre tout de même une puissance de 608 chevaux avant l’apport du système hybride, tandis qu’un deuxième moteur électrique est logé sur l’essieu avant. Résultat : cette Porsche est également à traction intégrale pour une tenue de route accrue. Pour contrôler toute cette folie – la puissance combinée maximale des trois moteurs est de 880 chevaux –, Porsche boulonne son excellente transmission double embrayage PDK à sept rapports, celle-ci ayant déjà fait ses preuves au fil des années.

Une fonction rendue obligatoire de nos jours consiste à personnaliser le type de conduite préconisée par le pilote et la 918 n’échappe pas à cette règle. Le mode E-Power est celui sélectionné par défaut par la voiture, à condition que le bloc de batteries soit suffisamment chargé. Comme son nom l’indique, ce mode ne fait appel qu’aux moteurs électriques, l’autonomie étant de 16 à 32 kilomètres selon les conditions. Le 0-100 km/h ne prend que 7 secondes, tandis qu’il est possible de rouler jusqu’à 150 km/h sans utiliser une seule goutte de carburant.

En mode Hybrid, les deux types de motorisations travaillent de concert afin d’enregistrer une économie d’essence optimale. C’est lorsque le niveau supérieur est enclenché, Sport Hybrid, que l’expérience au volant est décuplée, le V8 étant constamment en marche, les deux autres moteurs agissant comme des compléments de puissance lors des accélérations.

L’échelon Race Hybrid transforme le V8 en un générateur qui s’occupe de recharger les batteries chaque fois qu’il n’est pas sollicité à plein rendement, les moteurs électriques pouvant, le cas échéant, encore ajouter une puissance additionnelle lors des fortes poussées. Mentionnons qu’à cet échelon, la programmation de la transmission est plus sportive.

Finalement, à l’instant où le conducteur sélectionne le mode Hot Lap, ce dernier étant uniquement disponible lorsque la voiture est en mode Race Hybrid, la 918 Spyder est prête à effectuer quelques tours d’un circuit à plein régime.
C’est donc de dire que tous les systèmes de la voiture sont poussés au maximum de leur capacité afin que le pilote puisse extirper chaque cheval-vapeur de la mécanique.

En plus de la traction intégrale, la 918 Spyder ajoute la direction arrière à l’équation, les roues tournant dans le sens opposé à l’essieu avant, tandis qu’à haute vitesse, les roues arrière tournent dans le même sens que celles à l’avant. Les pneus Michelin Pilot SportCup 2 ont été développés spécifiquement pour cette voiture, ceux-ci devant offrir le meilleur compromis entre l’adhérence pour la piste et une résistance de roulement minimale pour une consommation irréprochable. Quant à la suspension, Porsche inclut une fois de plus son système PASM (Porsche Active Suspension Management) à cette nouvelle voiture phare.

Malgré tout le potentiel de la 918 Spyder, cette voiture se doit d’être à la hauteur à l’intérieur également. Nul besoin de vous remémorer que les matériaux utilisés et l’assemblage sont au summum du possible. Comme il se doit, les commandes importantes à tout pilote ou amateur de conduite se trouvent à portée de main au niveau du volant sport, tandis que cette console centrale surélevée regroupe tout ce qui s’appelle divertissement, et ce, via un écran tactile et quelques molettes. Rappelons que c’est l’ancienne Carrera GT qui a introduit ce type de console inclinée.

Avec toute cette technologie embarquée, les propriétaires de cette 918 Spyder n’auront plus qu’une seule question à se poser lorsqu’ils démarreront leur bolide : avec ou sans toit?