À peine une heure après avoir remis les clés de la Toyota 86 2017 au responsable de la flotte de véhicules de presse, j’éprouvais déjà un sentiment de vide intérieur. Évidemment, il existe des options de véhicules plus complets, plus pratiques et assurément plus puissants, mais dans ce créneau bien précis de l’industrie, il y a la Toyota 86 (anciennement Scion FR-S) ainsi que sa cousine Subaru BRZ, la Nissan 370Z de base, voire même la Mazda MX-5 (et sa consœur de chez Fiat, la 124 Spider) et probablement les Ford Mustang et Chevrolet Camaro munies de motorisations à 4 cylindres. À ce prix, les autres options de coupé à deux roues motrices arrière doivent être dénichées sur le marché de l’occasion.

Un récent essai hivernal m’a permis de constater que le coupé nippon pouvait être utilisé lorsque le mercure descend sous zéro ou même après la plus grosse tempête de neige de l’année, et ce, malgré la configuration moteur avant / roues motrices arrière de la Toyota 86 2017. Et à l’ère de la conduite autonome et de la technologie électrique, il est rassurant de voir qu’il existe encore des options plus traditionnelles sur le marché pour le conducteur habitué à ce type de configuration et qu’il n’est pas nécessaire d’y laisser sa chemise.

Avec ce changement de nom, le coupé japonais a droit à quelques changements pour 2017, mais sauront-ils convaincre l’amateur d’adrénaline de réserver une 86 flambant neuve ou plutôt de jouer la carte plus raisonnable d’acquérir une Scion FR-S quasi identique, mais un peu plus vieille?

Malgré la silhouette familière, le coupé 86 se voit confier un nouveau bouclier, celui-ci étant habillé de nouveaux phares aux diodes électroluminescentes, en plus d’une ouverture plus imposante à l’avant. Les feux de position (aux DEL également) sont aussi de nouvelle facture, tout comme le dessin du pare-chocs arrière et l’adoption de jantes redessinées. Évidemment, l’écusson Toyota a pris la place laissée par celui de Scion. Mais est-ce assez pour convaincre les acheteurs potentiels? À cette question, je suis tenté de répondre que la Scion FR-S (ou la Subaru BRZ) n’a jamais été reconnue pour son design de rêve. Le coupé est surtout prisé pour ses prouesses sur le bitume ou ailleurs!

Pour 2017, Toyota et Subaru ont annoncé un léger gain en puissance pour le coupé développé conjointement. Résultat : le 4-cylindres à plat développe désormais une puissance de 205 chevaux (5 de plus que l’an dernier) disponible à 7000 tr/min, le couple optimal ayant quant à lui gagné 7 lb-pi pour un total de 158 lb-pi. Notez que la livrée munie de la boîte automatique conserve sa puissance de 200 chevaux pour 2017, mais bon, disons que pour exploiter au maximum le potentiel de cette sportive, il est préférable de choisir la transmission à trois pédales.

Les ingénieurs de la marque ont également révisé le rapport de pont du différentiel arrière à glissement limité, celui-ci étant passé de 4.1 à 4.3. Bref, tout ce que ça veut dire, c’est que les accélérations seront un brin plus efficace. Ai-je pu le constater sur une surface glacée au possible? Absolument pas. Remarquez, à ce niveau, il faut se fier aux dires des ingénieurs.

Afin de bonifier l’adhérence du coupé 86, les ingénieurs ont raffermi la suspension, tant au niveau des ressorts que des amortisseurs. Bon, à ce chapitre, la 86 n’est pas encore rendue au stade de bolide de course impossible à conduire dans la rue, mais un peu plus de fermeté ne nuira pas dans les courbes, c’est certain!

Évidemment, ce changement de mi-parcours amène son lot d’améliorations à l’intérieur. Non seulement l’écusson « 86 » trône désormais à la droite de la planche de bord et en plein centre du nouveau volant, mais les sièges ainsi que les panneaux de portières sont recouverts d’un nouveau matériel pour 2017. Notez également le nouvel affichage derrière le volant. Pour le reste, l’univers de la Toyota 86 est aussi centré sur celui ou celle qui tient le volant et c’est tant mieux ainsi. Les consommateurs qui voudraient l’espace utilitaire d’une fourgonnette n’auront qu’à se procurer… une fourgonnette!

Malgré toutes ces améliorations, la Toyota 86, digne remplaçante de la Scion FR-S, ne change pas beaucoup et il s’agit d’une bonne nouvelle, et ce, même si ça signifie que les ventes du modèle vont demeurer marginales. Espérons seulement que le constructeur va poursuivre son aventure avec une deuxième génération du modèle.

Donc, la 86 est-elle suffisamment différente de la Scion FR-S qu’elle remplace? La réponse est non. Un exemplaire usagé portant l’écusson Scion sera presque aussi amusant à conduire, en plus d’être moins dispendieux!