Victoriaville, QC – L’annonce il y a un peu moins d’un an de la fin de la production du Toyota FJ Cruiser n’était que formalité. À une époque où chaque litre d’essence économisé est un exploit, il n’est pas étonnant que le constructeur nippon ait décidé de mettre fin à ce véhicule de niche. Néanmoins, le seul véritable compétiteur au Jeep Wrangler – du moins en matière de 4×4 au look rétro – nous quitte cette année avec une édition spéciale, baptisée pour l’occasion Trails Team.

Il n’en fallait pas plus pour nous convaincre de rendre un dernier hommage à cette version moderne du légendaire FJ40. C’est pourquoi nous avons enfilé nos bottes de caoutchouc et nos vêtements extérieurs pour prendre la route en direction de la plus grande réunion de véhicules 4×4 au pays, j’ai nommé le Rallye Jeeppy 2014 qui en était à sa 29e édition.

Bien que nous ayons dû décliner l’invitation en 2013, nous avons participé à cette célébration « offroad » en 2011 et 2012. Nous savions donc à quoi nous attendre. Pour la petite histoire, chaque année, durant la fin de semaine de l’Action de grâce, le Jeeppy réunit près d’un millier d’amateurs et de camions 4×4 autour d’une quinzaine de parcours prédéterminés. D’ailleurs, ceux-ci n’ont rien à voir avec les tracés « arrangés » organisés pour séduire le public urbain. Ce n’est pas pour rien qu’aux abords des obstacles les plus exigeants se trouvent des tracteurs agricoles capables de tirer à peu près n’importe quoi.

HeapMedia294264

Avant de vous énumérer les prouesses du FJ Cruiser 2014 en terrain accidenté, il est important de connaître les caractéristiques spécifiques à cette édition spéciale. Premièrement, le prix commandé pour cette version limitée à 2500 exemplaires est de 8625$ supplémentaires aux 33 540$ exigés pour un FJ Cruiser de base. Ajoutez 1000$ à l’équation pour la transmission automatique à cinq rapports et vous obtenez la modique somme de 43 165$ avant les frais de transport. Avouez que c’est un beau montant pour un véhicule dont la consommation moyenne officielle est de 12,7 L/100 km en ville et de 9,5 L/100 km sur l’autoroute, donc beaucoup plus en réalité.

HeapMedia294234

Mais bon, avouez qu’il a de la gueule avec ses pneus BFGoodrich de 16 pouces enveloppants les jantes spéciales noires TRD, son porte-bagage de toit noir et ses projecteurs situés juste au-dessus des occupants. Les amortisseurs Bilstein ainsi que la plaque de protection avant sont deux autres détails importants qui font de ce véhicule un authentique 4×4.

Évidemment, tous les éléments extérieurs (miroirs, pare-chocs, poignées de portières) peints en noir mat ajoutent au sérieux de l’affaire, idem pour la grille de calandre cerclée d’un cadre blanc. Les emblèmes Trails Team jaunes sur cette carrosserie « bleu patrimoine » ne sont pas mal non plus.

Les plus beaux 4×4 du Jeeppy 2014

À l’intérieur, les deux leviers de vitesse en métal brossé, la boussole et l’inclinomètre sur la planche de bord et tous ces espaces de rangement confirment que le FJ Cruiser Trails Team vaut un peu plus que le prix d’un modèle de base.

C’est avec un brin de tristesse que ce dernier essai routier a débuté. Oui, il est vrai que Toyota se doit de passer à autre chose, mais quand même! Après tout, le FJ est parmi nous depuis 2007, une éternité dans cette industrie.

Sa consommation de carburant est souvent citée comme un exemple à ne pas suivre au sein d’un alignement voué à l’économie. Son utilisation en milieu urbain n’est pas aussi facile qu’on nous le laisse croire : la vision latérale et arrière est exécrable, la direction est floue, le freinage pourrait gagner en puissance, tandis que la suspension robuste fait en sorte que les occupants sautent plus souvent qu’à leur tour sur nos routes usées par le temps.

Mais malgré tout, il est attachant ce 4×4. Les trois essuie-glaces sur le pare-brise (!), son look d’enfer rappelant la génération FJ40, cette garde au sol surélevée, l’arrangement unique des portières et ses capacités hors route, tout ceci rend ce baroudeur si sympathique aux adeptes de cette discipline pratiquée loin des sentiers battus. Et c’est pour cela que nous lui rendons un dernier hommage en cette fin d’année 2014.

HeapMedia294248

Malgré tous ses défauts, le FJ Cruiser peut se débrouiller au quotidien. D’ailleurs, pour nous rendre à destination, il a bien fallu rouler sur le bitume, cette portion s’étant effectuée sans heurts. Rendus au premier obstacle du Jeeppy, nous avons enfin pu sélectionner le levier de vitesse 4RM – en ville, le mode 2RM est plus que suffisant – pour être certains de pouvoir passer à travers les différentes épreuves. Le FJ Cruiser peut également être placé en mode 4RM lent pour les passages vraiment difficiles. Comme tout 4×4 qui se respecte, le différentiel arrière peut aussi être verrouillé, tandis que le contrôle de stabilité peut être débranché pour permettre le patinage des roues à certains endroits.

Le FJ Cruiser n’excelle peut-être pas en ville, mais sur un terrain accidenté, il brille par son agilité. Outre une ou deux manœuvres effectuées de manière téméraire qui se sont soldées par une immobilisation complète du véhicule – heureusement que les machineries agricoles n’étaient pas loin –, notre FJ Cruiser a su franchir tout ce qui était devant lui sans même rouspéter. La qualité des pneumatiques y était pour quelque chose, c’est vrai, mais ce 4×4 cousin du 4Runner a une fois de plus prouvé qu’il était à la hauteur lorsque le bitume cède sa place. Et puisque nous effectuons rarement ce genre de conduite extrême, je me dois de lever mon chapeau une dernière fois face aux capacités du Toyota FJ Cruiser.

Au revoir cher ami…