« Lorsque vous êtes dans une procession funéraire, vous mettez votre vie en danger », a lancé Thomas Novak, un homme d’Église manitobain, après avoir été victime d’un accident de la route alors qu’il se rendait du salon funéraire au cimetière. Heureusement, tout le monde s’est sorti indemne de cet accident, bien que M. Novak soit encore sous le choc plusieurs jours plus tard.

« Alors que j’étais dans l’intersection, la lumière est devenue rouge », ajoute-t-il. « Je ne peux blâmer les autres conducteurs qui arrivaient puisqu’ils ne pouvaient savoir qu’il s’agissait d’une procession et une voiture m’a heurté du côté droit ».

Pour ce ministre laïc—qui peut pratiquer certaines cérémonies religieuses, comme des funérailles, sans pour autant être ordonné par l’Église—, il serait temps de reconsidérer la pertinence de la procession funéraire dans les grandes villes.

« La voiture derrière moi était remplie d’enfants », a confié cet agent de sensibilisation pastorale pour la Paroisse St. Kateri Tekakwitha, avant d’ajouter : « Ma préoccupation est que plus personne ne se retrouve dans une telle situation dangereuse ». En effet, M. Novack n’ose imaginer ce qui aurait pu se passer si la procession avait eu quelques secondes d’avance.

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Selon lui, « certaines personnes ne respectent pas les processions funéraires », alors que d’autres ne savent même pas ce qu’elles sont ou ce qu’elles font. « Ce n’est plus comme c’était il y a 25 ans », souligne-t-il. C’est pourquoi il appelle le gouvernement manitobain à revoir la pertinence de cette pratique de moins en moins… pratiquée.

Pour le président de l’Association des services funéraires du Manitoba, Michael Gibbens, il s’agit d’un problème principalement urbain.

« Dans les parties rurales de la province, c’est complètement différent », avance-t-il. « Les voitures se rangent aux abords de la rue. Les gens enlèvent leurs couvre-chefs. » De plus, l’un des principaux défis se trouve lors du passage aux intersections.

Pourtant, il ne prône pas l’élimination de cette pratique, qui sert un objectif spécifique. Pour lui, « les processions funéraires constituent un aspect cérémoniel important de l’adieu à un membre de la communauté ».

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Là se trouve donc le dilemme : faire respecter les processions funéraires dans un monde où de plus en plus de gens ont recours à la crémation et où ces pratiques sont de plus en plus rares ? Ou plutôt transformer la manière de concevoir la procession, par exemple en préférant que chacun se rende à l’entrée du cimetière de son côté et que la procession de fasse à pied à partir de là ?

Tradition ou sécurité? Changement ou continuité? Peut-on vraiment faire cohabiter les deux dans notre monde de plus en plus pressé? A-t-on encore le temps de ralentir collectivement pour honorer nos défunts? Venez nous le dire sur notre page Facebook

Sources : Winnipeg Free Press, CTV, CBC