Si on avait à résumer Alfa Roméo en trois points, on pourrait dire que:

  • Fondée en 1910, la marque est l’une des plus ancestrales de l’industrie automobile, italienne ou pas. De fait, Alfa Romeo plante de presque un demi-siècle les Lamborghini et Ferrari de ce monde.
  • Les plus vieux se souviendront qu’Alfa Romeo a proposé ses voitures au marché nord-américain de 1961 à 1995. Et que c’est la queue entre les deux jambes, pour cause de non fiabilité, que la division de Fiat (depuis 1986) a tiré la “plogue” sur notre continent, il y a presque deux décennies.
  • Depuis dix ans, Alfa Romeo promet son retour en Amérique du Nord, un retour sans cesse repoussé pour toutes sortes de raisons. À commencer par une certaine crise économique…

Mais bon, il semble que cette fois sera la bonne.

Cette fois semble être la bonne non pas avec les petites Alfa Romeo Mito et Alfa Romeo Giulietta, déjà en piste sur le marché européen, mais avec la toute nouvelle Alfa Romeo 4C, que l’on devrait pouvoir admirer en chair et en os au Salon de l’auto de Los Angeles, le mois prochain.

Cette petite deux places à l’exotique allure italienne (on dirait un bébé Ferrari…) est construite à Modène, aux côtés des cousines Maserati.

Surtout, elle marque un autre grand retour: celui d’Alfa Romeo dans la catégorie des coupés sport, après presque 30 ans d’absence.

Encore là, si on avait à résumer en quelques points, on dirait de l’Alfa Romeo 4C que…

  • La voiture se démarque par son poids hyper-léger, merci à l’utilisation extensive de fibre de carbone et d’aluminium. En Europe, le coupé deux portes devrait faire osciller la balance à 895kg, ce qui est l’apanage de la Smart fortwo (!). Voilà qui représente une bonne demi-tonne de moins que la Porsche Cayman, la plus proche rivale.
  • Alors que la Porsche Cayman mise sur un six cylindres en ligne (pour 275 chevaux et 214 lb-pi), l’Alfa Roméo 4C confie la propulsion de ses roues arrière à un quatre cylindres turbo de 1,75 litre. L’organe, placé en position centrale (soit derrière les oreilles des deux occupants), développe 237 chevaux et 258 lb-pi.
  • La marque du 0-100km/h devrait s’effectuer en 4,5 secondes – soit une seconde plus vite qu’avec la Porsche Cayman, voire une demi-seconde plus vite que la Porsche Cayman S et ses 325 chevaux. Un tour du légendaire circuit Nürburgring à bord de la nouvelle italienne a commandé un temps de 8 minutes et 4 secondes – nez à nez avec l’Audi R8 et son moteur V8 de 430 chevaux.
  • Aux États-Unis, un prix d’étiquette a déjà été avancé: 55 000$. Rien encore pour le Canada, sinon que le coupé devrait nous arriver au printemps 2014. Quand même: on se doute bien que de ce côté-ci du 49e parallèle, tout comme pour nos voisins du Sud, “nos” Alfa Romeo 4C gagneront la climatisation et des coussins gonflables extra, versus les modèles européens.
  • Seules 3500 unités seront fabriquées, dont un millier d’exemplaires qui seront destinés à notre continent. Si l’on se fie à la règle générale du 10%, c’est dire qu’à peine une centaine d’Alfa Rome 4C rejoindra les concessionnaires canadiens.
  • Parlant concessionnaires: ce sont ceux de Maserati, la division soeur, qui distribueront le coupé sport. Au grand dam des concessionnaires Fiat, qui espéraient profiter de ce grand retour pour mousser leur image… et leurs ventes. Au Canada, les établissements Maserati se comptent sur les doigts d’une seule main: Vancouver, Calgary, Toronto (2) et Montréal.

Si tout va bien (lire: si l’Alfa Romeo 4C débarque réellement sur notre continent), nous devrions être en mesure d’en faire l’essai quelque part au printemps prochain.

Des collègues journalistes automobiles plus chanceux ont néanmoins eu l’occasion de piloter le bolide il y a quelques semaines et leurs commentaires sont dithyrambiques quant au comportement de la voiture.

Les principales raisons de cet enthousiasme? Le poids-plume, comme mentionné plus tôt, qui accorde un ratio poids/puissance de 4 kg par cheval-vapeur (la Porsche Cayman ne peut faire mieux que du 4,8 kg par cheval-vapeur).

Et sans doute qu’y contribue pour beaucoup la direction sans assistance (non, pas de “power” hydraulique, encore moins électrique. Quoique… Monsieur et Madame Tout-le-Monde risquent de déplorer, dans le creux de leur paume, une trop grande sensibilité même aux plus légères imperfections de la route.

Ce qu’on reproche d’autre à l’Alfa Romeo 4C? L’absence d’un bouton-pression pour le démarrage et de toute boîte manuelle – seule une automatique à double embrayage de six rapports (non pas sept… non pas huit… ) figure au catalogue.

Oh, il manque aussi des phares au xénon, un habitacle confortable, une boîte à gants, des ajustements au siège passager, voire une once de visibilité arrière…