Moment historique, hier dans la métropole des Pays-Bas: 28 ministres des transports de l’Union Européenne se sont pointés à leur rendez-vous commun au volant de voitures… qu’ils ne conduisaient pas.

Bah, vous dites, ce n’est pas nouveau, les politiciens ont des chauffeurs pour ce faire.

Non, non: ces ministres se trouvaient bel et bien au volant des Tesla, Volvo, Mercedes-Benz, Land Rover, BMW, Renault, Peugeot et Audi disponibles pour l’occasion, mais… ils ne les pilotaient pas.

Bienvenue dans la nouvelle ère de la conduite autonome.

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Tout comme on se souvient de Kyoto comme à l’origine de l’envolée environnementale, on se souviendra d’Amsterdam, dans une décennie ou deux, comme le moment où la conduite autonome a pris son envol et est devenue une «réelle réalité», comme dirait l’autre.

Car hier à Amsterdam, 14 avril 2016, les représentants gouvernementaux des transports de 28 pays de l’Union Européenne ont signé une déclaration commune qui, indéniablement, viendra aplanir les difficultés qui bossèlent la route des voitures autonomes.

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Il s’agit là d’une entente historique. Car…

… aucun grand groupe de politiciens ne s’était encore assis à la même table pour décréter vouloir établir des normes et des balises communes afin d’encadrer la conduite automobile autonome.

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La Déclaration d’Amsterdam 2016 sur la coopération dans le domaine de la conduite connectée et automatisée tient en 9 pages.

Les 28 ministres des transports européens qui l’ont unanimement paraphée ont ainsi convenu qu’au lieu de travailler chacun de son côté, ils coopéreront dans la mise en place d’une réglementation commune.

Ils ont ajoutant au passage vouloir encourager une proche collaboration internationale, en particulier avec le Japon et les États-Unis, pour en arriver à des standards internationaux. (Allo, Canada!?)

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Évidemment, les constructeurs automobiles applaudissent la mesure: avec des normes bien en place et qui se ressemblent d’un bout à l’autre de la planète, il leur sera plus facile (enfin, un peu plus) d’élaborer des technologies compatibles de connectivité V2V (véhicule à véhicule) et V2i (véhicule à infrastructure).

Les ministres en ont profité pour affirmer que la conduite autonome:

  • Rehaussera la sécurité, autant des passagers automobilistes que des autres usagers du réseau;
  • Améliora le flot de circulation;
  • Permettra l’optimisation des infrastructures routières déjà existantes;
  • Réduira les émissions de gaz à effet de serre;
  • Proposera une façon de voyager plus confortable et plus relaxante;
  • Offrir à ceux qui ne peuvent plus (ou pas) conduire une autre option de déplacement;
    il est même question de transport de marchandise avec des poids lourds autonomes en «platooning» (notre photo ci-dessous).

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Tous ces grands espoirs (et exploits!) restent encore à se réaliser – et les enjeux pour y arriver son nombreux.

Parmi les grands thèmes de la déclaration d’Amsterdam 2016, qui vise un échéancier aussi serré que 2019, on retrouve l’élimination des barrières, actuelles ou à venir, mais aussi l’importance de la cyber-sécurité.

Le piratage automobile, ça vous dit quelque chose? Pas encore, mais ça ne saurait tarder…

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