À tout seigneur, tout honneur en ce sélect palmarès: c’est le Ford Model T qui a le plus révolutionné la planète – automobile ou pas. D’ailleurs, ledit véhicule a été voté par bon nombres de panels internationaux comme LA voiture du 20e siècle.

Pourquoi? Parce que le Ford Model T a été le tout premier véhicule à être assemblé sur des chaînes de montage, et non à la main, comme il se faisait à l’époque. Voilà qui allait paver la route vers des voitures qu’enfin, la classe moyenne pouvait s’offrir. “Nous allons motoriser l’Amérique”, avait dit Henry Ford.

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C’est le 1er octobre 1908 que le tout premier Model T a émergé de l’usine Piquette, à Détroit au Michigan. Ce jour-là, personne n’imaginait à quel point ce “carrosse à moteur” allait transformer le monde, tant au niveau de la mobilité, de l’industrialisation, que de la prospérité.

Coût d’acquisition pour celui propulsé par un quatre cylindres de 20 chevaux et qui pouvait rejoindre les 60km/h? Quelque 850$US – soit à peu près 22 000$ en dollars canadiens d’aujourd’hui.

Les ventes ont explosé, tant et si bien qu’en moins de deux ans, l’usine Piquette était devenue trop petite. L’assemblage a donc déménagé à l’usine Highland Park, toujours au Michigan, où un autre procédé révolutionnaire allait être implanté (en 1913): la chaîne de montage mobile, telle qu’on la connaît encore aujourd’hui (quoique davantage robotisée).

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Comme le Model T ne demandait qu’une petite heure et demie d’assemblage par unité (au lieu de 14 heures), son étiquette a pu être réduite à 500$US. C’est aussi pour accélérer la cadence que, de 1914 à 1925, tous les Model T produits l’ont été de couleur noire. Qui ne connaît pas la célèbre tirade de Henry Ford: “Vous pouvez choisir n’importe quelle couleur, en autant que ce soit le noir”?

Avec son Model T, Ford a mis “ l’Amérique en route”. Au début des années 1920, deux véhicules sur trois vendus sur le continent étaient un Model T. En 1924, le constructeur soulignait la fabrication de son 10 millionième exemplaire – le véhicule ne coûtait alors plus que 295$US.

En deux décennies de production (jusqu’au 26 mai 1927), le Ford Model T a été fabriqué en 15 millions d’exemplaires, dont plusieurs ont été transformés en camionnettes, véhicules de livraison, fourgons de prisonniers, voitures de police, ambulances… alouette.

Il aura fallu attendre un demi-siècle pour qu’un autre véhicule batte ce record – et ce sera la Volkswagen Beetle, avec ses 21 millions d’exemplaires.

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Une histoire plutôt controversée, que celle de la Volkswagen Type 1, qui allait éventuellement être renommée Volkswagen Beetle.

D’abord, la sympathique rondelette est née d’une commande passée par un certain Adolf Hitler à un autre certain Ferdinand Porsche. Le dictateur allemand souhaitait commercialiser la “voiture du peuple” et, pour ce faire, voulait en confier la mission à celui qui, un jour, allait fonder l’une des plus réputées marques d’automobiles sportives.

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Mais il y a plus: on découvre aujourd’hui que le croquis exhibé par le Führer, dans un hôtel de Berlin un certain jour de 1934, pourrait être le résultat d’un plagiat.

En effet, le design, mais aussi les spécifications (notamment le moteur refroidi à l’air installé à l’arrière) et le prix (sous les 1000 Reichsmark, soit les deux tiers du salaire annuel d’un travailleur allemand moyen de l’époque) rappellent étrangement le prototype May Bug fabriqué par un designer juif, Josef Ganz, prototype montré lors d’un rassemblement automobile de 1933 auquel avait assisté Hitler.

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Au-delà de ses origines doublement douteuses, la Volkswagen Beetle – désignée de par le monde comme Bug, Vocho, Coccinnelle, puis Herbie et Choupette d’après le film “The Love Bug” (1968) – allait conquérir le monde par son prix abordable, mais aussi sa fiabilité, sa simplicité… et son agrément de conduite. Elle a trouvé des millions de preneurs auprès de la classe moyenne, mais est aussi devenue objet de culte auprès des hippies, des surfeurs californiens et autres nostalgiques du genre.

En 1972, sa production allait surpasser la marque record des 15 millions d’exemplaires établie par le Ford Model T. En fin de parcours en 2003, soit cinq ans après la renaissance de l’icône sous sa forme actuelle et contemporaine, plus de 21 millions d’unités avaient été produites.

Certes, en date d’aujourd’hui, c’est la Toyota Corolla qui détient la couronne de la voiture la plus vendue au monde, avec plus de 40 millions d’exemplaires cédés. Mais alors que la Toyota Corolla a subi 11 passages générationnels tout au court de son histoire (1966 à aujourd’hui), la Volkswagen Beetle, elle, s’est offerte dans sa formule originale pendant 65 ans (1938 à 2003).

C’est la plus longue génération automobile de tous les temps et gageons que cette marque-là ne sera sans doute jamais battue…

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Prius, en latin, signifie: avant. Voilà une appellation tout à fait de circonstance pour la toute première voiture hybride-électrique à avoir été commercialisée – par Toyota, à partir de 1997.

Certes, le siècle précédent a vu poindre quelques innovations du genre. De fait, déjà en 1900, Ferdinand Porsche (décidément, celui-là…) avait créé le Mixte, un véhicule à double propulsion. Mais ce n’est véritablement qu’avec la Toyota Prius que la vague – ou plutôt le tsunami vert allait déferler.

Depuis, un tout nouveau vocable automobile a été créé: système hybride parallèle, accumulateurs au lithium-ion, kilowatts de puissance, consommation sous les 3L/100km…

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Il faut se rappeler qu’au tournant du nouveau millénaire, les utilitaires et autres véhicules réputés être gourmands avaient la faveur de la moitié des automobilistes (du moins, en Amérique). L’économie d’essence n’était pas au coeur des priorités, encore moins la réduction des émissions polluantes. La Toyota Prius est donc débarquée un peu avant son temps, fin prête sans le savoir à surfer sur la vague. Aujourd’hui, elle est – et de loin – l’hybride la plus vendue sur toute la planète.

Pourtant, la première génération de Toyota Prius ne payait pas de mine. Son design très conservateur de berline compacte, que l’on doit au studio californien du constructeur japonais, n’avait rien pour enflammer les esprits.

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Mais dès 2003, la silhouette à hayon accordée à seconde génération est devenue un véritable symbole de l’amour de l’environnement. Coup de marketing génial, bien qu’involontaire: de nombreuses stars hollywoodiennes l’ont préférée à de coûteux modèles exotiques. On a ainsi pu voir à son volant les Leonardo Di Caprio, Cameron Diaz, Harrison Ford, Jennifer Aniston, Matt Damon, Julia Roberts, Tom Hanks, Natalie Portman, Demi Moore…

Au-delà du marketing qui a bien fonctionné, il y a cette technologie hybride qui s’est montrée beaucoup, beaucoup plus fiable que ce à quoi même les plus optimistes s’attendaient. Parlez-en à Andrew Grant, de Vancouver, le tout premier chauffeur de taxi au monde à avoir conduit ses clients en Toyota Prius. Sa deuxième Prius a roulé sur plus d’un million et demi de kilomètres, sans problèmes majeurs s’il vous plaît.

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Ce qui, au départ, n’était vu que comme un laboratoire sur quatre roues a ouvert le chemin aux autres hybrides chez Toyota, mais aussi chez la compétition, de même qu’à d’autres véhicules aux technologies dites vertes: hybrides rechargeables, 100% électriques, piles à hydrogène, pour ne nommer que ceux-là.

Avec une proposition automobile qui faisait du sens, le constructeur japonais a “mis sur la carte” une technologie qui s’est démocratisée à vitesse Grand V, repoussant les frontières, tant psychologiques que pratiques, de l’acceptation du marché.

Aujourd’hui, plus de 9 millions d’hybrides roulent sur la planète, dont 7 millions arborant le badge hybride… et la moitié portant le logo Prius. Ce qui fait dire à Toyota que les automobilistes de par le monde ont ainsi pu économiser, en litres d’essence, de quoi remplir plus de 7000 piscines olympiques (!).

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