C’est un fait: Land Rover est, avec Jeep, la marque la plus tatouée au coeur par le sigle tout-terrain. Mais contrairement à son rival américain, le constructeur britannique (aujourd’hui détenu par les intérêts indiens de Tata) a emprunté la route technologique du hors-piste pour les nuls. Avec pour résultat que du simple sélecteur de modes All-Terrain, l’utilitaire fait pratiquement tout pour son conducteur hors des sentiers battus.

Mais voilà: avec la conduite autonome qui fait parler d’elle sur toutes les tribunes par les temps qui courent, Land Rover n’a pas voulu demeurer en reste: il dit travailler à l’Autonomous All-Terrain Driving, une suite technologique capable de lire même la plus complexe des topographies.

En trois dimensions et sur 360 degrés, s’il vous plaît.

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Pour la cause, tous les gizmos de détection – caméras, radars, lidars et capteurs ultrasoniques (!) – sont mis à contribution afin d’identifier, d’analyser et de prédire l’impact des surfaces et conditions routières prévalant jusqu’à cinq mètres devant, autour et même en hauteur.

Bref, l’intelligence artificielle au service des balades hors-route.

Si ça marche?

Il semble que oui, si l’on en croit cette vidéo Youtube dans laquelle, en première mondiale, deux Range Rover Sport ont attaqué en toute autonomie les pistes sillonnant les boisés de Warwickshire.

Les deux utilitaires ont à peu près tout fait d’eux-mêmes: ils ont dirigé le mouvement de la direction, contrôlé le régulateur de vitesse, activé les modes de conduite selon qu’ils franchissaient des obstacles boueux ou rocheux, ralenti la cadence pour mieux traverser une marre d’eau, allumé les phares lorsque la forêt se faisait trop dense, élevé la suspension lorsque la garde au sol était inadéquate, pour ensuite mieux la rabaisser lorsque des branches ont menacé d’égratigner leur toit…

… et tout ça sans que leur conducteur n’ait, apparemment, à intervenir de quelque manière que ce soit.

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Mieux encore: les deux utilitaires étaient connectés par ondes courtes, ce qui leur a permis de partager des informations de la plus haute importance: leur localisation, mais aussi le degré de patinage des roues, leur articulation au gré des obstacles, les ajustements d’amortisseurs…

Si le véhicule de tête s’était enfoncé dans un marécage, celui qui suivait en convoi l’aurait su à temps, de sorte qu’il aurait modifié son itinéraire et ainsi pu éviter la (même) catastrophe. Dans le pire des scénarios, le VUS de tête aurait pu guider le second sans que personne ne se trouve à bord de ce dernier.

Terrain-Based Speed AdaptionOverhead Clearance AssistConnected Convoy… Est-ce là un vocabulaire qui signifie la mort du plaisir de la conduite hors-piste?

Que non, dit Tony Harper, grand patron du département R&D chez Land Rover (et Jaguar). Mais d’un autre côté: «Nous ne voulons pas que les technologies de conduite autonome se résument au tarmac; nous voulons qu’elles se poursuivent lorsque le conducteur quitte la route.»

Reste à savoir si les amateurs de off-road souhaitent la même chose…

Pour le moment, Land Rover affirme qu’il ne s’agit là que de projets de recherche et n’émet aucun promesse de commercialisation.

Il n’est donc pas demain la veille où, après une longue et difficile semaine de travail, l’on pourra piquer un somme au volant de notre Land Rover nous pilotant dans les sentiers qui mènent au chalet.

… dans la langue de Shakespeare, on commence à abréger le terme Connected and Autonomous Vehicles Technologies par… T-CAV? Sans commentaire.

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