Vous voulez d’abord… la petite histoire n’est-ce pas? Lancé en 1974, le Jeep Cherokee constituait alors une variante deux portes du Jeep Wagooner. Il aurait été le premier véhicule à employer, dans ses brochures publicitaires, le terme “Sport utility”.

Le Jeep Cherokee n’a gagné ses quatre portières qu’en 1977.

En 1984, il a eu droit à un révision complète, merci à la nouvelle (et plus petite) plateforme XJ.

Il s’est éteint en 2001 (au profit du Jeep Liberty), après plus de 2,5 millions d’exemplaires vendus en un quart de siècle.

Bon, maintenant, vous voulez connaître les mauvaises nouvelles: le nouveau Jeep Cherokee 2014, dont l’arrivée est prévue cet automne, sera fabriqué sur la plateforme CUS Wide.

Autrement dit, l’utilitaire sera assemblé sur l’architecture à traction (et non plus à propulsion) dérivée des produits Alfa Romeo et qui a déjà donné naissance, de ce côté-ci de l’Atlantique, à la… Dodge Dart.

Ouch.

Qui plus est, sa direction passe de l’hydraulique à l’électrique (on ne s’en sort pas, c’est la tendance) et son essieu rigide arrière est remplacé par une suspension multibras.

Bon, à ce chapitre, faudrait pas trop se faire revanchard: mises à part les camionnettes, les utilitaires qui misent encore aujourd’hui sur l’essieu rigide sont rares comme de la m… de pape François. (Évidemment, il y a le sempiternel Jeep Wrangler, mais aussi le Mercedes Classe G, les Lexus LX/GX et – pour combien de temps encore – les Toyota FJ Cruiser et Nissan XTerra.)

Surtout, surtout… Le Jeep Cherokee 2014 sera proposé au Canada – roulement de tambours: en variantes à deux roues motrices. Ça ne s’était jamais vu du vivant du Jeep Liberty.

Re-ouch.

Le style? On vous laisse juge par vous-mêmes de ces nouvelles lignes à la Grand Cherokee, nettement plus fluides que la silhouette carrée du Liberty. Notre avis? Le design est élégant, mais il se rapproche un peu trop des nouveaux Ford Escape et Hyundai Santa Fe pour être très original.

Vous avez envie de continuer pour les bonnes nouvelles? Sachez que celles-ci sont plus nombreuses que les mauvaises.

D’abord, de l’ancien Jeep Liberty, on garde le positif, à commencer par ce toit de toile SkySlider qui se rétracte en moult positions. Et on ajoute l’option du toit panoramique – enfin.

L’habitacle a été entièrement revu (évidemment) et pour bien marquer la coupure d’avec le Jeep Liberty, le Jeep Cherokee 2014 s’amènera avec de nouveaux gizmos technologiques – dont certains devenus indispensables, aujourd’hui.

Ainsi, pensez alertes aux angles morts et aux collisions frontales, avertissement de circulation transversale (en mode recul), Uconnect qui lit vos textos, sièges avant qui pourront être ventilés, volant qui pourra être chauffant, voire le régulateur de vitesse intelligent (yes!) et le stationnement automatisé.

Deux commentaires, à ce sujet, si vous le permettez. De un, ça fait déjà dix ans que le stationnement automatisé existe chez Toyota. Et de deux, le conducteur qui doit y avoir recours pour se garer… devrait peut-être choisir autre chose qu’un Jeep Cherokee prêt à affronter la brousse.

Sous le capot du nouveau Jeep Cherokee 2014, on renoue avec le choix de deux moteurs. Le premier, un quatre cylindres (Tigershark) de 2,4 litres, développe 184 chevaux et 171 lb-pi de couple.

Pour la petite histoire, sachez que depuis 2007, le Jeep Liberty avait cessé d’offrir un quatre cylindres. Sachez aussi… que c’est le même moteur et la même puissance que pour la Dodge Dart.

Re-re-ouch.

Deuxième moteur: un V6 Pentastar de 3,2 litres, dérivé du Pentastar de 3,6 litres et qui en est ici à sa première mise en application. Au menu: 271 chevaux et 239 lb-pi.

C’est évidemment pas mal plus que les 210 chevaux de l’ancien V6 (mais c’est sensiblement le même couple). Aussi, la capacité de remorquage demeure l’une des plus intéressantes de la catégorie (à 2045 kilos, avec l’équipement requis).

Surtout, V6 pour V6, le Pentastar de 3,2 litres promet une économie en carburant de 30% versus l’ancien moulin. Remarquez, ce ne sera pas difficile à battre: selon les cotes (toujours trop optimistes) de Ressources naturelles Canada, le Jeep Liberty enregistrait du 14L/100km en ville et du 9,7L/100km sur l’autoroute…

Pour conjuguer tout ça, on balance par-dessus bord la désuète transmission automatique quatre rapporst et on adopte rien de moins qu’une nouvelle automatique à neuf rapports.

Non mais, pensez-y un moment: neuf rapports…

Notez au passage qu’aucune boîte manuelle n’est proposée, pas même pour le moteur de base.

Mais là encore, ne criez pas trop au scandale: le Jeep Liberty ne proposait plus de boîte manuelle depuis 2009…

Même si à peu près personne ne s’en servira pour se vautrer hors des sentiers battus, le Jeep Cherokee 2014 offrira non pas un, ni deux… mais bien trois nouveaux systèmes quatre roues motrices et ce, selon les versions (Sport, North Edition (Latitude aux États-Unis), Limited et Trailhawk).

Le premier système, l’Active Drive I, est un généraliste: une seule gamme et selon les besoins, il passe automatiquement de deux à quatre roues motrices, sans intervention du conducteur.

Le second, l’Active Drive II, donne le choix manuel entre deux ou quatre roues motrices, en plus d’ajouter la gamme à bas régime. Ce “p’tit boeuf” offre un ratio de transfert de 2,92:1, davantage que le 2,72:1 de l’ancien Liberty (mais encore loin du 4,0:1 du Jeep Wrangler Rubicon).

Le dernier système, l’Active Drive Lock, s’inspire de l’Active Drive II, mais lui annexe le verrouillage du différentiel arrière. Ce dispositif ne montera que sur les Jeep Cherokee Trailhawk, les seules variantes de l’utilitaire qui seront honorées du logo (et des capacités) “Trail Rated”.

Pour différencier cette version Trailhawk des autres, l’allure extérieure sera plus agressive, les plaques de protection seront de série, la garde au sol grimpera de 2,5cm et les angles d’approche/de départ seront plus généreux.

Oh, sachez aussi que le Jeep Cherokee Trailhawk 2014 ne sera livré qu’avec le moteur V6.

Vous savez quelle sera la dernière bonne nouvelle pour le nouveau Jeep Cherokee, si elle s’avère?

La venue d’un moteur diesel, comme ce qui vient d’être annoncé pour le grand frère Jeep Grand Cherokee.

Ça, ça serait une mausus de bonne nouvelle.