Los Angeles, au Petersen Automotive Museum. L’ascenseur s’ouvre au 3e étage sur une Jaguar XKSS scintillant de son vert Racing.

Et pas n’importe laquelle Jaguar XKSS.

D’entre les 16 et très rares unités qui ont été produites en 1957, nous sommes devant celle qu’a personnellement possédée Steve McQueen et qui, aux dires de l’acteur, lui a pratiquement fait perdre son permis de conduire à deux reprises – uniquement la première année.

Ces versions de route de la Jaguar D-Type, victorieuse trois années consécutives aux 24 Heures du Mans dans les années 1950, auraient dû être au nombre de 25 unités.

Mais le 12 février 1957, un incendie à l’usine Browns Lane du constructeur anglais a donné une fin abrupte aux neufs derniers exemplaires autrement destinés au marché nord-américain.

Jusqu’à maintenant.

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Car près de 60 ans plus tard – 59 ans, pour être exacte, voilà que renaissent les neuf Jaguar XKSS qui manquent à l’appel.

Nous sommes toujours au Petersen Automotive Museum, cette fois dans une salle réservée par Jaguar où trône un podium occupé par une silhouette bien sexy. Dissimulée sous un drap argenté, celle-ci aura droit, dans quelques instants, à son dévoilement en grande primeur mondiale.

On se doute bien de ce qui se trouve là-dessous. Car depuis le printemps dernier, Jaguar clame que sa division Classic travaille à redonner vie à ce qui, encore aujourd’hui, est considéré comme le premier supercar de l’histoire automobile moderne.

Pareille renaissance passe par les techniques de fabrication d’antan, c’est-à-dire à la main et en utilisant les matériaux et des composantes des modèles 1957: de l’alliage de magnésium à la carrosserie, du laiton aux commandes, les compteurs de la Britannique Smiths à l’instrumentation, les disques de freins Dunlop aux quatre roues.

Jusqu’aux rivets sont de facture, de nombre (2000…) et de positionnement identiques.

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Roulement de tambour et… voilà que le drap argenté glisse jusqu’au sol et apparaît dans toute sa splendeur – et de tout son vert Sherwood, la Jaguar XKSS 2017 ressuscitée.

Tout y est, à commencer par les attaches de cuir, le même volant de bois (à droite), le même revêtement aux sièges. Sous le capot, le même moteur six cylindres en ligne (3,4 litres), toujours pour 262 chevaux.

Ce qui rendu possible la réplique exacte des voitures d’antan? Les technologiques numériques d’aujourd’hui, notamment la conception assistée par ordinateur.

Un peu comme une impression 3D à l’envers, les ingénieurs de Jaguar Classic ont recréé, à partir de quatre Jaguar XKSS 1957, le châssis, la carrosserie et chacune des pièces requises.

Tout est fidèle au passé, y compris les asymétries du temps, sauf en ce qui a trait à la sécurité des deux occupants. Ainsi, le réservoir d’essence ne mise plus sur le caoutchouc, mais bien sur des matériaux plus robustes pour contenir le carburant de notre ère.

Sous la direction de Kev Riches, un vétéran de 42 ans (!) chez Jaguar, l’équipe a mis 18 mois de recherche, puis 10 000 heures de travail pour chaque voiture, de sorte que les neuf Jaguar XKSS retrouveront, du registre de certification familial, les numéros de série inutilisés depuis six décennies.

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Bref, «On voulait une véritable Jaguar XKSS et c’est ce qu’on a fait,» a confié l’ingénieur Kev Riches, qui rapporte que la transmission manuelle «est aussi difficile à passer qu’autrefois».

Vous en rêvez? Dommage: non seulement ces Jaguar XKSS 2017 demandent chacune un million d’Euros (1,6 millions de nos dollars), une aubaine versus les 30$US millions pour laquelle est évaluée celle de Steve McQueen…

… mais elles ont déjà toutes trouvé preneurs. Et non, dit le porte-parole de Jaguar Canada, il n’y en a pas une qui sera immatriculée au Canada.

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