Mise à jour: une version précédente de cet article citait les communiqués officiels nommant le grand gagnant Félix Coutrier-Lamy. Vérification faite auprès de l’intéressé: il est Félix Couturier-Lamy – avec un «u» dans le premier nom de famille. Nos excuses pour la dé-nomination!

L’Académie d’ingénierie Infiniti en est à sa troisième année d’existence, mais comme on vous le disait dans ces pages en juin, l’édition 2016 s’adressait spécifiquement, et pour la toute première fois, à un étudiant canadien.

Jeudi dernier, se déroulait donc à Montréal la grande finale. Nous avons eu l’occasion, pour ne pas dire le grand plaisir, de passer ces 24 heures de tests et d’épreuves avec les dix étudiants en lice. (Notre photo ci-dessous, en compagnie des quatre juges.)

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Ils ont de 19 à 23 ans, du feu dans les yeux et… la nervosité au ventre. Avec raison: après tout, le grand prix qui couronne toute cette effervescence n’est rien de moins que 12 mois, salariés s’il vous plaît, là où on n’accède généralement qu’après des années et des années de labeur.

Soit l’antre mécanique de l’un des plus importants constructeurs automobiles, voire de la F1. (Et ça, c’est lorsqu’on réussit à y accéder…)

Mais voilà que les portes s’ouvrent toutes grandes, du moins pour l’un d’eux.

Qui sont ces 10 candidats retenus entre mille? La moitié est inscrite à Concordia et à McGill, l’autre à des universités de l’Ontario (Ryerson), du Manitoba et de la Nouvelle-Écosse (Dalhousie).

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Dans le groupe, tous sont en ingénierie mécanique, sauf Zeyad Hazem Saleh, qui se spécialise en ingénierie d’électronique. Aussi, qu’une seule fille, Rachel Kendall, mais peut-être la plus tom boy de tous, elle qui a passé sa jeunesse à piloter et à réparer des motocross… tout en rêvant de F1.

Certains en sont à leur 3e ou 4e année d’études universitaires dans le domaine, mais Matteo Putt, qui vient juste de célébrer ses 19 ans, en est à sa toute première.

Imaginez à quel point celui-ci doit être «bollé», pour ainsi se retrouver parmi des seniors qui ont l’expérience des concours SAE et autres compétitions où il faut fabriquer des véhicules… qui roulent.

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Justement, rouler: c’est là l’une des cinq activités au programme de l’Académie Infiniti auxquelles les candidats doivent survivre… par équipe de cinq.

Beaucoup, beaucoup plus difficile que de l’accomplir en solo, si vous voulez leur avis.

Parce qu’il leur faut alors mettre en valeur leurs capacités de constructeur scientifique, mais aussi leurs qualités de travailleur d’équipe, leurs aptitudes de bon leader, le tout avec juste le bon dosage de compétitivité…

… et, évidemment, sans paniquer lorsque ça ne fonctionne pas.

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Et ça n’a décidément pas fonctionné.

Les petits modèles réduits qui devaient être assemblés à partir de pièces disparates et, ensuite, être propulsés par une motorisation hybride… n’avançaient pas.

«Je suis déçu, leur a dit Andy Todd, l’un des quatre juges. Vous avez bossé deux heures sur votre prototype et je ne vois toujours rien rouler sur le sol.»

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Pourtant, dans d’autres finales, nous a confié ce patron de l’ingénierie au centre technique européen d’Infiniti, les petites autos faites main roulaient après 90 minutes… «voire après une heure, le record.»

On ne vous dit pas la pression qui s’est installée dans les rangs…

… encore plus lorsque les roues ont (enfin) tourné, mais pas nécessairement en belle ligne droite.

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Parmi les autres activités au menu, il y avait cette interview obligée de dix minutes avec un groupe de journalistes d’automobiles (votre fidèle était du nombre).

À tour de rôle, chacun des candidats devait démontrer ses talents de… communicateur.

Parce qu’un jour, s’ils sont à la tête de l’équipe qui aura mené les Renault à la victoire en F1 ou s’ils sont à l’origine d’une avancée technologique chez Infiniti, on les voudra non seulement bons vulgarisateurs, mais aussi bons ambassadeurs de la marque.

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Tout ça, sans oublier qu’il faut, d’abord et avant tout, être le meilleur ingénieur.

Voilà qui devait être prouvé par le traditionnel examen théorique, qu’un ingénieur de formation n’ayant pas oeuvré dans le domaine depuis 30 ans (parce qu’il est devenu… journaliste automobile!) a été invité à compléter: il nous a confié l’avoir littéralement coulé avec 26%, mais faisait remarquer qu’il n’était pas le dernier…

Personne ne saura sans doute jamais quel a été le pointage de Félix Couturier-Lamy à cette épreuve écrite – à commencer par Félix lui-même. Mais le jeune homme de 21 ans, originaire de Gatineau et étudiant à l’université McGill, a été celui que les quatre juges ont, entre tous, sélectionné.

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C’est ce beau jeune homme, aux yeux étoilés de bleu et emplis d’une émotion difficile à contenir, qui s’envolera dès novembre pour l’Angleterre, d’abord à Enstone, dans l’antre de la Renault Sport Formula One Team, puis à Cranfield, au Centre technique européen d’Infiniti.

Si l’on en croit son compatriote anglais Daniel Sanham, lauréat de l’Académie Infiniti 2015 et venu à Montréal il y a quelques semaines afin de présenter l’aventure, ça ne sera pas pour passer le balai.

Après tout, tant d’efforts ne seraient pas investis mondialement par le constructeur et sa division en F1, si ce n’était pas pour trouver les ingénieurs les plus prometteurs de la planète.

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La première fois que nous avons rencontré Félix Couturier-Lamy, c’était à la séance d’information organisée par l’Académie d’ingénierie Infiniti, à l’occasion du Grand Prix de F1 du Canada, en juin dernier.

De la centaine d’étudiants ayant positivement répondu à l’invitation, Félix, qui n’en est pourtant qu’à sa 2e année universitaire, brillait d’un éclat particulier. Maintenant qu’il est sacré champion, il est facile d’énoncer ce qui suit, mais quand même: on aurait dit, ce jour-là (notre photo ci-dessous), qu’il était déjà membre de l’équipe Infiniti-Renault.

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Peut-être est-ce parce qu’à l’adolescence, la plupart de ses étés, ils les a passés en tournée sur le continent au sein de diverses écuries de course automobile (pensez Formule 600, Formule 1200 et CTCC), d’abord à nettoyer des pneus puis, de fil en aiguille, à machiner quelques pièces, à analyser des données de performance, à émettre quelques idées…

En entrevue avec les journalistes jeudi, quelques heures avant d’être élu grand gagnant canadien de l’Académie Infiniti 2016, Félix a d’ailleurs été le seul à nous dire savoir dans quoi il s’embarquait:

«Je sais tout à fait ce que c’est que de passer des fins de semaine entières en course automobile, loin de sa famille, loin de ses amis et… loin de sa blonde.»

Mais il avait aussi déclaré: «C’est absolument fou, le niveau de passion que j’éprouve pour la F1. C’est un environnement coupe-gorge, comme à la guerre – et j’aime gagner.»

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La personne l’ayant le plus marqué? En pré-entrevue, Félix avait répondu aux responsables d’Infiniti qui l’interrogeaient à ce sujet: «Mes parents. Ils ont été, incontestablement, les êtres à la plus grande influence positive dans ma vie. Ils ont éveillé ma curiosité et mon désir d’apprendre et, surtout, c’est grâce à eux si je suis toujours optimiste et si je choisis d’adopter une attitude positive en toute situation.»

Papa Lamy et Maman Couturier, comme vous devez être fiers: votre «petit» s’en va jouer dans le plus grand et le plus prestigieux terrain de jeu au monde – et voyez comme ça lui va bien.

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