Attrapez l’Anglophone le plus près de vous et demandez-lui d’énumérer les marques automobiles françaises.

Sous l’accent shakespearien, Peugeot devient “Poo-geôt” et Citroën prend des sonorités de…. citrouille.

Mais que voulez-vous, il n’y a pas vraiment d’occasion de pratiquer pareilles prononciations au nord de l’Amérique, puisque la première marque n’y a pas roulé depuis qu’on a “tiré la plogue” sur sa Peugeot 405, au début des années 1990 (la marque est cependant revenue au Mexique six ans plus tard).

La seconde est disparue de nos contrées depuis plus longtemps encore, soit en 1974, quand l’américaine NHTSA a décrété que la nouvelle Citroën SM ne respectait pas ses normes de sécurité.

De fait, ça fait si longtemps que les véhicules français ne figurent plus à notre radar que Kijiji (Québec) n’énonce qu’une dizaine – mais combien magnifiques – de Citroën à vendre, autant des antiques Citroën 2CV que des itérations de la légendaire Citroën DS (Le Mentaliste, sors de ce corps…).

Oh, et une seule Peugeot s’affiche, mais peu férus de mécanique et d’intenses remises à neuf, s’abstenir…

Sauf que… peut-être… un très grand peut-être: le constructeur PSA Peugeot Citroën envisage un retour de ce côté-ci de l’Atlantique.

Surpris? Eh bien quoi, l’italienne Fiat n’est-elle pas finalement revenue sur nos rivages, après trois décennies d’absence… et une décennie de promesses?

Alpha Romeo n’est-elle pas en train de même?

Un retour très conditionnel, cependant: il faudra d’abord que la famille PSA, qui compte non seulement Peugeot et Citroën, mais aussi la plus “haut de gamme” DS (créée en 2009), réduise de presque moitié ses modèles, actuellement au nombre de 45.

Il lui faudra également moderniser ses usines et… faire de l’argent.

C’est du moins ce que Carlos Tavares a affirmé le mois dernier.

À la question: “Envisagez-vous un retour en Amérique?”, le grand patron de PSA a répondu qu’une fois “la compagnie revigorée de façon à pouvoir opérer n’importe où dans le monde, nous regarderons les prochaines étapes que nous devrions prendre.”

Notre avis? Le projet est ambitieux et l’échéancier – de 2017, vous l’a-t-on dit? – l’est encore plus.

Doit-on voir là l’ego d’un dirigeant qui quittait la direction de Renault (en famille avec Nissan) l’été dernier, parce que l’autre Carlos – Ghosn – n’allait jamais abdiquer son poste à la tête du groupe Nissan/Renault?

Peut-être.

Bien des peut-être.

Mais si ça s’avérait, voyez en photos de quoi pourrait avoir l’air l’avenir Peugeot-Citroën en sol nord-américain.