On vous l’avait dit.

Il y a deux semaines, lorsque les premiers taxis sans chauffeur au monde ont fait monter leurs premiers passagers, on vous l’avait dit.

Il s’agissait alors des voitures autonomes de la compagnie NuTonomy et ça se passait à l’autre bout du monde, soit à Singapore.

On vous avait alors dit que la nouvelle scoopait la compagnie Uber qui, depuis le printemps dernier, annonçait justement semblable projet-pilote pour la fin de l’été, mais dans les rues de Pittsburgh, en Amérique du Nord.

Eh bien, ça y est: depuis ce matin, mercredi 14 septembre, les gens qui veulent se déplacer dans la métropole américaine de la Pennsylvanie peuvent le faire dans des taxis autonomes.

Bon, dans la vraie-vraie vie, il y a des occupants à l’avant. Derrière le volant, se trouve un «chauffeur de sécurité» disposé à reprendre les contrôles automobiles en tout temps, pendant qu’un ingénieur lui tient compagnie sur le siège passager, afin de cumuler données et expériences.

Alors, pour la véritable autonomie, on repassera…

Néanmoins, plusieurs chanceux ont eu la chance ce matin de monter à bord de l’un des taxis autonomes – en l’occurrence, des Ford Fusion, mais un récent partenariat entre Uber et Volvo devrait faire débarquer d’ici la prochaine année une centaine de Volvo XC90, peut-être le véhicule le plus autonome au monde en ce moment.

Aux premières loges de cet événement historique, il y avait là, à tout seigneur, tout honneur, le maire de Pittsburgh Bill Peduto, qui en a profité pour déclamer, sur les traces d’un célèbre astronaute, qu’il s’agissait là d’une «petite course pour l’humanité…»

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Si l’on dit aux premières loges, c’est parce que les cobayes ont pu, sur un iPad qui leur est destiné à la banquette arrière, visionner les environs – par les yeux même de la technologie.

Celle-ci n’est pas encore au point, comme a pu le constater Andrew Hawkins, journaliste de la publication The Verge. Celui-ci a dû plus souvent qu’autrement empoigner le volant, comme en fait foi son reportage sur YouTube:

Par ailleurs, les passagers qui utiliseront le service dans les jours et les semaines à venir devront composer avec quelques restrictions: leur course doit se limiter à la ville de Pittsburgh – pas question encore d’aller en campagne – et une fois leur destination annoncée, ils ne pourront la modifier.

Quand même, célébrons cette journée du 14 septembre 2016 qui concrétise officiellement les tentatives «autonomes» menées depuis près d’un siècle.

Oui, oui, depuis près d’un siècle, si l’on en croit cette expérience conduite (ou pas!) dans les rues de Milwaukee dans les années 1920 avec ce qui, à l’époque, était surnommée la Phantom Auto

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