Les voitures autonomes, la panacée au temps perdu dans les bouchons de circulation? Pas si vous souffrez du mal des transports.

De fait, les voitures autonomes pourraient, sur ce plan, entraîner davantage d’inconfort physique, tant en fréquence qu’en sévérité, que les voitures conventionnelles.

C’est à cette conclusion que sont parvenus les chercheurs Michael Sivak et Brandon Schoettle, du Transportation Research Institute, à l’Université du Michigan (UMTRI).

Selon l’étude menée par le duo d’universitaires, la nausée, les vertiges, les vomissements et autres charmants symptômes du mal des transports seront, à bord des véhicules autonomes, plus marqués d’au minimum 10%, selon les activités engagées derrière le volant.

C’est peu, 10%, vous dites? Soit, mais la statistique ne tient pas tenu compte de tous ces passagers qui souffrent déjà du mal des transports, sans s’engager dans aucune activité à bord d’un véhicule. Ceux-là, nécessairement, continueront de ressentir les fâcheux effets du mal des transports même derrière un volant qu’ils n’ont pas à manipuler.

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Déjà, en 2015, les deux chercheurs avaient étudié ce que feraient les occupants d’une voiture autonome s’ils n’avaient pas à se concentrer sur la route. Il avait alors été découvert qu’un impressionnant tiers des répondants (américains, mais aussi indiens, chinois, japonais, anglais et australiens) disaient ne pas vouloir prendre place à bord d’un véhicule qui se conduit par lui-même.

Une fois ces répondants exclus, il a été révélé qu’une moitié des interrogés prévoyaient regarder le paysage, tout simplement. Mais l’autre moitié disait vouloir utiliser, de façon presque équitable, le (nouveau) temps libre pour parler ou texter au cellulaire, pour lire, pour dormir, pour visionner un film, voire pour travailler.

Les deux chercheurs du UMTRI ont alors recoupé ces données avec les trois grands facteurs qui provoquent le mal des transports: le conflit entre le système vestibulaire de l’oreille interne et les repères visuels, de même que le manque de contrôle et l’incapacité d’anticiper la direction du mouvement.

A-t-on besoin de rappeler que ces trois facteurs sont très majoritairement expérimentés par les passagers, rarement par les conducteurs?

Conséquence inattendue des voitures autonomes donc: l’inconfort physique se fera sentir même sur le siège conducteur, en plus d’être amplifié, en fréquence et en sévérité, selon le type d’activités engagées.

Exit, les belles intentions de lecture ou de travail au volant d’une voiture qu’on ne conduit pas…

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Des solutions? Les chercheurs du UMTRI en proposent quelques-unes:

  • accorder aux voitures autonomes les surfaces vitrées les plus larges possibles, ce qui aura pour effet bénéfique d’accroître le champ visuel;
  • adopter des interfaces d’écran orientées de sorte que le regard se porte à l’horizontal, et non vers le bas;
  • notre solution préférée: équiper les voitures autonomes de sièges avant qui s’inclinent à 100%. On dit que le mal des transports n’a pas prise sur les gens couchés à plat, face vers le haut…