On croyait l’industrie des coussins gonflables mature… ou dans l’embarras, avec la saga Takata.

Certes, de simples coussins frontaux pour le conducteur, on est passé à ceux latéraux pour le thorax, aux rideaux arrière et à ceux protégeant les genoux, sans oublier les ceintures gonflables mises au point en 2012 par Ford.

Mais voilà qu’en début d’année 2016, la suédoise Autoliv et l’américaine TWR (sous le contrôle de l’allemande ZF) ont commencé à discourir de coussins gonflables pour l’extérieur des véhicules.

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Autoliv a déjà concocté, pour sa consoeur Volvo, les premiers airbags externes destinés à protéger les piétons. Comme on peut le voir dans cette vidéo YouTube, lors d’une collision, le capot de la Volvo V40 se soulève au pare-brise afin de libérer le sac, qui amortit ainsi la culbute du malheureux piéton contre le pilier A et la glace.

Mais cette fois, les coussins externes qu’Autoliv et TWR tentent de développer viendraient réduire – jusqu’à un tiers – les chocs pour les occupants de véhicules impliqués dans des collisions latérales.

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Avec jusqu’à deux mètres de long et 20cm d’épaisseur, ces sacs, deux fois plus grands que même le plus grand des rideaux gonflables, mettent cependant trop de temps pour se déployer après un accident, rapporte Automotive News, qui a enquêté sur la question.

Ces coussins de nouvelle génération doivent donc être jumelés à des radars et à des caméras capables de détecter et de se déployer avant l’imminence d’un désastre, d’où la complexité de l’innovation.

Après tout, on ne veut pas d’un coussin externe qui se gonflerait pour un rien…

Autre problématique: installés sous le seuil des portières, ces sacs devront pouvoir endurer pluie, gadoue, calcium, neige et autres saletés routières.

Mais gageons que si les voitures autonomes sont sur le point de relever ces défis, les coussins gonflables externes le feront aussi – et très bientôt.

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… l’invention du coussin gonflable revient à John W. Hetrick qui, un jour de 1952, a perdu le contrôle de son Chrysler Windsor 1948 sur une route de la Pennsylvanie. L’instinct lui a fait tendre le bras afin d’empêcher sa fille de sept ans d’aller embrasser le pare-brise.

De retour à la maison, l’Américain s’est attablé à la table de cuisine. Fort de son expérience dans la marine, où il avait affaire à des torpilles qui, en libérant leur air comprimé, avaient projeté des toiles jusqu’au plafond, il a dessiné le croquis d’un «objet qui s’extirperait du tableau de bord pour empêcher les occupants d’une voiture de venir s’y frapper.»

Le dispositif de sécurité automobile aura mis trois décennies à se démocratiser. M. Hetrick n’a jamais obtenu aucune compensation financière pour son invention.

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