Vous souvenez-vous de la vidéo devenue virale qui montrait un jeune conducteur, à l’été 2012, filant à plus de 190 km/h sur l’autoroute des Laurentides?

Du siège avant, le passager avait filmé Sébastien Bernier, 18 ans, louvoyant à folle allure dans la dense circulation à la hauteur de Mirabel, franchissant allègrement les doubles lignes, roulant souvent sur la voie d’accotement, le tout bruyamment acclamé par les occupants de la voiture.

Le jeune téméraire pensait certes s’en tirer, puisqu’il n’avait croisé aucun policier. Mais le fait d’intégrer la vidéo de sa dangereuse péripétie sur YouTube avait permis aux forces de l’ordre de le retracer – puis de l’arrêter.
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Du coup, s’envole en éclat le mythe selon lequel les autorités policières doivent être témoins d’une infraction au Code de la sécurité routière (ou, dans les cas de conduite dangereuse, au Code criminel) pour porter des accusations, puis traîner les malfaiteurs devant la justice.

Dans le cas du jeune Bernier, la preuve nécessaire n’a pas été difficile à faire: le passager qui tenait la caméra délatrice a non seulement filmé l’indicateur de vitesse dépassant les 190 km/h, mais il a également immortalisé le conducteur en train de commettre l’infraction.

Et: «C’est là le point le plus important, dit le sergent Ronald Mc Innis, de la Sûreté du Québec, parce que ça place l’accusé derrière le volant, hors de tout doute.»

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Bonne nouvelle: « La plupart du temps, affirme le sergent, non seulement nous sommes capables de retracer les contrevenants, mais nous sommes aussi capables de les faire accuser.»

De fait, dit le porte-parole de la SQ, les forces policières provinciales ne lésinent pas sur les moyens pour retrouver et appréhender les suspects. Des preuves additionnelles sont requises pour monter un solide dossier? Qu’à cela ne tienne:

  • Un appel au public peut être lancé afin de retrouver les individus;
  • Des analyses des images du tableau de bord peuvent permettre d’identifier l’année et le modèle de véhicule;
  • L’examen du paysage extérieur peut permettre d’identifier le moment et l’endroit exacts de l’infraction;
  • Le recours aux caméras de surveillance qui ont elles aussi filmé la scène, s’il y a lieu, peut venir seconder les dires;

Dans les cas extrêmes, une équipe de reconstitution en collision peut être convoquée sur les lieux afin de prouver, par exemple, que le véhicule filait à entre telle et telle vitesse.

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«La vidéo montre d’abord une boîte aux lettres puis, un peu plus loin, un magasin? Avec la distance entre les deux points et le temps mis par le véhicule, sur la vidéo, pour la parcourir, nos techniciens peuvent calculer une vitesse minimale,» explique le sergent Mc Innis.

Difficile alors, pour le chauffard, de prétendre qu’il ne roulait «pas si vite, Monsieur l’Agent»…

«Vous ne vous doutez pas à quel point nos collègues de l’informatique peuvent faire l’impossible, conclut le sergent Mc Innis. Et on met le paquet; car si un conducteur agit de façon téméraire un jour sans blesser personne, il risque de répéter son geste un autre jour… et, cette fois, de tuer quelqu’un.»