Ce jour-là, une voiture qui allait laisser sa marque, et pas nécessairement pour les bonnes raisons, voyait le jour.

La Ford Pinto était donc introduite en grande pompe par Ford. Cette dernière avait pour mission de concurrencer les voitures compactes étrangères qui commençaient à se multiplier en sol américain.

Elle était offerte à un prix alléchant de moins de 2000 $ alors que la plupart des voitures pleine grandeur coûtaient entre 3000 $ et 4000 $ à ce moment.

Elle avait tout pour réussir… enfin presque.

Ce qui a tué la Pinto et a fait très mal à Ford, c’est qu’elle a été lancée avec un défaut majeur, soit l’emplacement du réservoir à essence. Ce dernier était pratiquement assuré de fendre lors d’une collision arrière à plus de 30 km/h.

Ce qui est pire, c’est que Ford était au courant de ce défaut de fabrication. Ce qui est encore plus ignoble, c’est qu’une étude interne réalisée par la compagnie avait estimé à 11 $ le coût de réparation par voiture, pour un total de 137 millions. Il avait été alors froidement calculé que les coûts des poursuites reliées à ce problème s’élèveraient probablement à une cinquantaine de millions. Cette même étude en arriva à la conclusion qu’il n’était pas rentable de corriger le problème.

Les grands penseurs derrière ce rapport indécent étaient même allés jusqu’à estimer à 200 000 $ le montant qui devrait être alloué pour chaque décès causé par le problème de la Pinto.

Inutile de vous dire que lorsque le public eut vent de tout ça, la grogne envers Ford atteignit des sommets.

En 1978, un jury californien accorda un montant de 128 millions à un seul plaignant dans une célèbre cause impliquant une Ford Pinto.

Un triste chapitre de l’histoire de cette compagnie.