Le 11 septembre 1970, Ford lançait en grande pompe une nouvelle voiture: la Ford Pinto avait pour mission de faire concurrence aux compactes étrangères qui commençaient à se multiplier en sol américain.

Au lieu de quoi, la Pinto est devenue sujet de railleries… et de catastrophes qui ont terni l’image du constructeur.

Pourtant, la Ford Pinto avait tout pour réussir: le modèle 1970 était offert à un prix alléchant, soit moins de 2000$. À cette époque, la plupart des voitures pleine grandeur de facture américaine coûtaient entre 3000$ et 4000$.

Ce qui a tué la Pinto – et a fait très mal à Ford, c’est que l’auto a été lancée avec un défaut majeur: l’emplacement de son réservoir à essence. Ce dernier était pratiquement assuré de fendre lors d’une collision arrière à plus de 30 km/h.

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Ford était au courant de ce défaut de fabrication. Même qu’une étude interne avait estimé à… 11$ le coût de réparation par voiture, pour un total de 137$ millions.

Mais il avait été alors froidement calculé que les coûts des poursuites reliées à ce problème s’élèveraient probablement à une cinquantaine de millions – presque trois fois moins que ce qu’aurait coûté la solution.

La compagnie en arriva donc à la conclusion qu’il n’était pas rentable de corriger le problème, d’autant que les grands penseurs derrière ce rapport étaient même allés jusqu’à estimer à 200 000$ le montant qui devrait être alloué pour chaque décès causé par l’explosion du réservoir d’essence de la Pinto.

Euh… mauvais calcul: en 1978, un jury californien accorda un montant de 128$ millions à un seul plaignant dans une célèbre cause impliquant une Ford Pinto.