L’épreuve consistait en un aller-retour entre les villes françaises de Paris et de Bordeaux, une balade de quelque 1200 km. Émille Levassor a réalisé l’exploit au volant d’une voiture équipée d’un moteur à deux cylindres qui avançait une puissance de quatre chevaux.

L’épopée a été conclue en un peu moins de 49 heures à une vitesse moyenne de 15 milles à l’heure, soit environ 25 kilomètres-heure. C’était vertigineux pour l’époque.

Pour les observateurs, la victoire de Levassor n’était pas une surprise. Depuis quelques années déjà, ce dernier opérait un atelier de mécanique en compagnie de son partenaire, René Panhard. C’est là qu’il va être approché par l’ingénieur belge Édouard Sarazin qui va le convaincre de fabriquer des moteurs haute performance pour le nouveau manufacturier Daimler.

Son expertise va se développer. En 1891, il va concevoir une automobile différemment, c’est-à-dire en plaçant le moteur à l’avant du châssis et non sous le compartiment des passagers, comme cela avait été fait avec les premières carrioles. Il allait ajouter à ce design une transmission mécanique qui allait être contrôlée par le conducteur à l’aide d’un embrayage. Cela allait permettre d’augmenter la vitesse des véhicules.

Cette façon de faire sera bien sûr copiée par tous les autres constructeurs.

Pour en revenir à cette première course, la victoire remportée par Levassor et son rayonnement évident allait l’aider à faire croître son entreprise.

Quant à la course en tant que telle, d’autres éditions allaient être tenues et d’autres épreuves allaient naître.

On peut, ainsi, parler d’elle comme de l’ancêtre de toutes les séries de courses actuelles.