Le 30 avril 1991, la dernière des Trabant tirait sa révérence. Celle qui avait voulu, à ses débuts en 1957, donner la réplique à la voiture du peuple produite à l’Ouest – une certaine Volkswagen Beetle – n’était plus, après presque 35 ans de production.

Les plus mauvaises langues les décrivaient comme une “bougie d’allumage surmontée d’un toit”, alors que d’autres répétaient à qui voulait l’entendre que les panneaux de carrosserie étaient faits de carton.

Aujourd’hui, la Trabant peut se targuer, merci à ses panneaux de DuroPlast, d’avoir été la première voiture de l’industrie à être fabriquée de matières recyclables…

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Pour les plus jeunes, il importe de rappeler qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le territoire allemand s’est vu séparé entre les grands pays vainqueurs. D’un côté, les forces provenant du monde libre et capitaliste (États-Unis, France et Angleterre), de l’autre, celles de l’Union Soviétique et de son système communiste.

Naissaient donc l’Allemagne de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est, respectivement. Les tensions entre les deux ont fini par mener à la construction du mur de Berlin au début des années 1960; la capitale était ainsi divisée entre les forces du monde libre et les tentacules du régime dictatorial de Joseph Staline.

C’est dans cet univers qu’est née la Trabant – c’était un 7 novembre 1957. Au cours des trois décennies et demie qui suivront, la Trabi, pour les intimes, allait être proposée en quatre variantes.

La plus populaire fut sans contredit la Trabant 601 (que vous pouvez admirer dans notre galerie-photos ci-haut) et qui a été assemblée sans interruption – et presque sans changement – de 1963 à 1991. Jusqu’à la presque toute fin, cette 601 était «capable» de pousser les 26 chevaux de son moteur deux temps (!) jusqu’à 110km/h.

À sa dernière année de production, son constructeur Sachsenring insérera (enfin) sous son capot un moteur à quatre temps et à quatre cylindres, pour 45 chevaux et une vitesse maximale de 135 km/h….

… mais ce fut trop peu, trop tard.

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À ses débuts, la Trabant était pourtant vue comme une voiture avant-gardiste. Elle était partiellement composée de matériaux recyclés, le DuroPlast, elle profitait d’une structure monocoque et elle était animée par les roues avant.

Son principal problème, c’était son moteur à deux temps de 500cc, peu puissant et hyper polluant. La voiture n’avait pas de pompe à essence. Le réservoir était monté sur le moteur et l’alimentation en carburant se faisait par gravité. Les incendies, en cas d’accidents, étaient fréquents.

Le second problème de la Trabant, c’est qu’elle est demeurée pratiquement inchangée tout au long de sa production: elle s’est trouvée dépassée par la concurrence, toujours un peu plus à chaque fois que la Volkswagen Beetle, l’autre voiture du peuple, s’amendait…

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La chute du mur de Berlin, en 1989, a annoncé le début de la fin pour la Trabant. Les résidents de l’Est avaient maintenant accès à des voitures plus modernes, spécialement après la réunification de l’Allemagne, en mai 1990.

De fait, la Trabant était si dépassée que plusieurs de ses propriétaires la donnaient, une fois installés de “l’autre côté” du mur. Des exemplaires se sont carrément retrouvés dans des conteneurs à ordures…

Au total, un peu plus de 3 millions de Trabant ont été produits. Quelque 200 de celles qui ont survécu se trouvent aujourd’hui à… Berlin, elles ont été peinturlurées aux couleurs de l’arc en ciel et vous pouvez les conduire afin de visiter la ville.

Parfait pour découvrir comment ces miracles de plastique sur quatre roues sont – encore aujourd’hui – de si vibrants symboles de l’ère communiste.