Ainsi, dès 1927, des représentants de la Ford Motor Company effectuent des visites dans l’Union des républiques socialistes soviétiques, l’U.R.S.S., afin d’étudier la possibilité d’y brasser des affaires. Deux ans plus tard, une entente historique sera signée entre Ford et les autorités communistes afin que des voitures portant le logo à l’ovale bleu soient produites là-bas.

L’entente était de nature à changer le paysage automobile russe.

En fait, en 1928, il est estimé que le parc automobile soviétique comptait seulement 20 000 véhicules. Du côté des camions, le pays ne comptait qu’une seule usine capable d’en produire. Dans ce contexte, pour les dirigeants russes, le choix de Ford comme partenaire, avec ses capacités en ingénierie et son expertise en production de masse, était un choix tout désigné.

Quant à Henry Ford, sa façon de voir les affaires ne l’empêchait nullement de flirter avec le monde communiste. Les critiques à cet effet lui coulaient comme de l’eau sur le dos d’un canard…

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L’entente fut ratifiée le 31 mai 1929 à Dearborn, au Michigan. Elle stipulait que Ford superviserait la construction d’une usine de production à Nijni Novgorod, en bordure de la Volga. Celle-ci serait responsable de produire des Model A. Une autre manufacture serait chargée d’assembler des voitures aux alentours de la capitale, Moscou.

En échange, l’U.R.S.S. s’engageait à acheter 72 000 modèles (camions et voitures) en pièces détachées de même que des pièces de remplacements pour couvrir les neuf premières années sur la route de ces produits. Au total, on parlait alors d’une somme de 30 millions pour les coffres de Ford.

Ce mariage pour le moins inusité allait faire des petits. Une semaine après l’avoir consommé, l’Union Soviétique annonçait des ententes avec 15 autres entreprises étrangères, y compris DuPont et RCA.

Quelque part, cette entente entre l’U.R.S.S. et Ford allait aussi servir une autre cause. Au plein cœur de la Deuxième Guerre mondiale, l’expertise acquise par les Russes au contact des ingénieurs de Ford allait leur servir lors d’un blitz de production de véhicules sans précédent alors que l’Allemagne nazie menaçait de les anéantir.