Le mariage Daimler-Chrysler, officialisé il y a 20 ans aujourd’hui, représentait la plus grande acquisition d’une compagnie américaine par une marque étrangère et ce, tous domaines confondus.

Le coût de la transaction avait été chiffré à 36 milliards de dollars. Au départ, on annonçait que les deux partenaires seraient égaux dans la nouvelle entreprise, DaimlerChrysler.

Cependant, sur papier, c’est le Groupe Daimler-Benz qui faisait l’acquisition de la Chrysler Corporation. Et tout le monde a vite réalisé que la firme allemande était celle qui tirait les ficelles – surtout pas le contraire.

Il faut l’avouer, on a d’abord cru au mariage de ces deux géants. De son côté, Daimler était très intéressée par les profits que pouvaient générer la division Jeep et la vente de fourgonnettes Dodge, la division de Chrysler étant l’éternel chef de file dans ce segment.

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Et de fait, ça semblait bien marcher: en 2001, l’action de la compagnie atteignait un sommet à 108,62 $ l’unité.

Les réjouissances auront toutefois été de courte durée. Au cours des années suivantes, les profits chutaient et à la fin de 2003, 26 000 travailleurs perdaient leur emploi.

En 2006, les pertes de Chrysler atteignaient 1,5 milliard de dollars et la compagnie passait au quatrième rang, derrière Toyota, au chapitre des ventes en Amérique du Nord.

Cette rétrograde survenait alors que, pourtant, une dizaine de nouveaux produits venaient d’être lancés par le groupe et que les plans prévoyaient l’arrivée de huit autres nouveaux véhicules.

En mai de cette année-là, les rumeurs voulaient que l’allemande Daimler ait négocié avec l’américaine GM pour la vente de Chrysler, mais c’est finalement le groupe Cerberus qui allait faire l’acquisition de la bannière chancelante. Elle l’a fait pour la somme de 7,4 milliards; on est loin du montant inscrit à la transaction de 1998…

Daimler avait d’abord conservé 19,9 % du constructeur américain, mais la crise des prêts à haut risque de 2008 allait forcer Chrysler à demander l’aide du gouvernement, puis à se mettre sous la loi de la protection contre la faillite.

C’est finalement Fiat qui est venu à la rescousse en 2009…

Que retenir du mariage Daimler-Chrysler? Que les apparences sont parfois trompeuses. Néanmoins, certains modèles apparus lors de cette union ont quand même fait leur marque au sein du groupe germano-américain.

Qu’on pense à la Chrysler 300, à la Dodge Magnum, à la Dodge Charger et à la Chrysler Crossfire: le partage de composantes avec Mercedes-Benz n’a pas eu que des effets négatifs.