Vous l’avez deviné, c’est exactement le genre de rencontre que nous avons eu la chance de faire en mettant les pieds dans l’espace réservé au groupe Hyman qui présente toujours ses plus belles pièces aux amateurs présents à Hershey.

La rencontre, c’est celle effectuée avec ce prototype qui porte le nom de Cadillac, mais aussi avec le destin et le travail d’un homme, Brooks Stevens. Sans lui, ce véhicule concept n’aurait jamais vu le jour et sans ce dernier, le nom de Brooks Stevens serait peut-être demeuré inconnu.

Brooks Stevens a connu une carrière fructueuse comme designer, et ce, dans plusieurs domaines. Le logo de la bière Miller, c’est lui, pour vous donner un exemple. Dans l’univers automobile, il a laissé sa marque sur deux modèles en particulier, soit la Studebaker Grand Turismo Hawk ainsi que le Jeep Grand Wagoneer qui est demeuré pratiquement inchangé entre 1963 et 1991. Ses dents, il les a cependant affilés au milieu des années 50 avec une voiture qui devait montrer aux Européens ce dont il était capable en matière de design.

Financé par un homme d’affaires de Cleveland, Brooks Stevens va développer son œuvre à partir d’une Cadillac Série 60 1955. Il va concevoir une carrosserie unique pour le modèle, une carrosserie qu’il est impossible de manquer avec cette immense lettre V qui est intégrée à la calandre. Elle servait en fait à indiquer la présence d’un moteur V8 sous le capot. Ce dernier, d’une taille de 331 pouces cubes, avançait une puissance de 275 chevaux.

La réalisation de la carrosserie avait été confiée au groupe Hermann Spohn de Ravensburgh, en Allemagne. Ce dernier fournissait des carrosseries au groupe Maybach avant la Seconde Guerre mondiale et s’est également fait connaître pour sa collaboration avec les bannières Hispano-Suiza et Mercedes-Benz, entre autres.

On parle donc d’une entreprise reconnue pour la qualité de son travail.

La voiture, baptisée Cadillac Die Valkyrie, est donc présentée au Salon de Paris en 1955. Le nom de Cadillac n’avait pas été caché, même s’il ne s’agissait pas d’un produit officiel de la marque. On raconte que la division de luxe de GM avait même songé à s’y associer, désireuse qu’elle était de faire une percée sur le marché européen à cette époque.

Le projet n’ira pas plus loin cependant et au total, seulement deux voitures seront fabriquées. Celle qui est offerte par le groupe Hyman en échange de 395 000 $ US est celle qui avait pu être admirée au Salon de Paris. Elle avait été achetée par Brooke Stevens lui-même après le Salon pour être offerte en cadeau à sa femme. Cette dernière s’en est servie comme voiture personnelle pendant quelques années, inscrivant au passage quelques milliers de milles au compteur.

Elle s’est ensuite retrouvée au musée de Brook Stevens où elle y est demeurée jusqu’au milieu des années 90.

Au fil du temps, la voiture, incroyablement, est demeurée d’origine.

Une pièce certaine de faire la joie de son prochain propriétaire.