Règle générale, les voitures comme cette Chevrolet Biscayne 1973 commencent à circuler en avril et les dernières peuvent être aperçues sur les routes au mois de novembre. Entre les deux, quantité de garages et d’entrepôts les accueillent afin de les soustraire aux rigueurs de notre climat. Un investissement, ça se protège.

En effet, il serait impensable, après avoir englouti des milliers, voire des dizaines de milliers de dollars sur un bolide, soit à l’achat ou lors de sa restauration, de le laisser aux griffes de l’hiver et de le voir subir ses attaques.

On se résigne donc, l’auteur de ces lignes inclus, à faire une croix sur cette passion qui consiste à rouler en voiture d’époque. Pour certains, c’est plus difficile que d’autres. Tellement que pour eux, l’attente est à ce point insupportable qu’ils utilisent une vieille auto pendant la saison maudite.

Oh, ils ne sont pas légion, on va s’entendre. Cependant, leur nombre est croissant. L’un deux est Benoît Legault. Depuis quelques mois, il peut être vu au volant d’une Chevrolet Biscayne 1973 qu’il a dénichée l’automne dernier.

Et la clef est dans le modèle ;  on ne doit pas rouler n’importe quelle voiture ancienne l’hiver.

Lorsqu’il s’est mis à la recherche d’une auto d’hiver, Benoît Legault ne savait pas trop à quoi s’attendre. Parfois, on doit patienter des mois avant de trouver la perle rare, et encore. Là, la chance a été de son côté, car il ne lui a fallu que deux jours pour dénicher celle qui a déjà 2000 milles à son palmarès depuis son acquisition.

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Et quelle découverte ! Si l’allure de cette voiture n’est pas de nature à enchanter, son état réel, lui, est certain de vous coller un sourire aux lèvres. En fait, cette Chevrolet Biscayne a été laissée à l’extérieur depuis quelques années, mais elle ne roulait plus depuis le début des années 80. Si bien que son compteur n’indiquait que 28  000 milles lors de l’achat. Voilà pourquoi l’intérieur se présente en bonne condition.

Quant à la mécanique, puisque le principal intéressé en a fait son métier, il n’y avait rien qui était susceptible de l’inquiéter. L’important, c’est que l’équipement soit d’origine. Généralement, les modifications effectuées sur une vieille auto sont faites en fonction d’une utilisation estivale.

Après avoir négocié un prix que nous allons garder secret, mais qui vous ferait décrocher la mâchoire, la Chevrolet a pris le chemin du domicile de Benoît Legault où elle a été passée au peigne fin pour être capable d’affronter les rigueurs de la saison froide.

Surtout, ce qui est à retenir, c’est que même en superbe condition, on parle d’un modèle qui se vend entre 4000 $ et 5000 $ sur le marché. Ce n’est donc pas une voiture ayant une grande valeur potentielle à qui est soumise à l’hiver en fait, on permet plutôt à un classique de survivre. Qui plus est, ce genre de bolide est souvent acquis pour la course sur la glace ou les derbys de démolition, des activités qui finissent inévitablement par les mener au cimetière.

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Outre les petites retouches qui s’avèrent nécessaires lorsqu’on acquiert une voiture (changer le réservoir d’essence, des conduits, des pièces de suspension, etc.), voici les éléments à surveiller si on souhaite rouler son bijou entre novembre et mars.

Dans un premier temps, il est primordial de lui poser les meilleurs pneus d’hiver. Pas question de chercher les aubaines ; on lui donne des chaussettes de qualité. L’avantage, c’est que les gommes d’aujourd’hui sont excellentes. À l’époque, c’était moins le cas, sans compter que les gens n’en installaient souvent que deux.

Ensuite, la batterie. Ça semble évident, mais ce n’est pas parce qu’elle est efficace à l’automne qu’elle le sera à moins 20 degrés. Également, l’ajout d’un chauffe-moteur est une brillante idée ;  il faut mettre toutes les chances de son côté.

La vidange de tous les liquides est aussi recommandée, tout comme le choix d’une huile prête à affronter notre climat. S’assurer du bon fonctionnement de la chaufferette est un autre incontournable. En fait, il ne faut rien tenir pour acquis, comme nous avons tendance à le faire avec nos véhicules modernes.

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Pour le reste, on n’a rien à changer à nos habitudes, sauf la façon dont on conduit. Il faut être plus prudent, se rappeler qu’aucun système d’assistance n’existait à l’époque et être prêt à se faire regarder drôlement par des gens incrédules.

Sur ce point, notre propriétaire pourrait passer la journée à nous raconter des anecdotes. « Les gens ne comprennent pas. Le plus drôle, c’est lorsque je vais effectuer un survoltage avec l’auto. Se faire dépanner par un tacot de 45 ans quand on a une voiture neuve, c’est un peu insultant », rigole Benoît Legault.

D’ailleurs, ce dernier n’en est pas à sa première voiture ancienne d’hiver, mais il n’avait jamais vraiment mis les efforts pour en dégoter une qu’il souhaitait conserver sur une longue période. Il roulait davantage des minounes. Là, il s’est trouvée une compagne qui pourra l’accompagner pendant de nombreuses années pendant la saison froide.

Et lorsque l’été se pointera, elle prendra la direction de la remise pour laisser sa place à d’autres. Son repos sera bien mérité.