Ce dernier prenait le nom de Karin. Original à souhait, on a eu de la difficulté à la définir, car de toute évidence, il ne présentait pas la vision de l’avenir de l’entreprise, mais davantage la liberté créatrice de son concepteur, le styliste Trevor Flore.

Ce qui est fascinant à propos de ce modèle, c’est de voir pourquoi il a été créé. En fait, c’est qu’en réalisant qu’elle n’avait aucun nouveau véhicule à proposer au public français, Citroën fait appel à Trevor Flore qui faisait alors ses débuts chez Citroën. Elle lui demande de concevoir un modèle pour avoir une nouveauté à planter au kiosque de la compagnie. Ledit concept ne devait pas nécessairement être fonctionnel, ni représenter une solution d’avenir au transport automobile.

Voilà pourquoi son style est complètement flyé.

L’ironie, c’est qu’il est inspiré d’un autre concept, soit celui de la GS coupée de Michel Harmand (voir photo). Un autre véhicule ayant servi d’inspiration est la Lancia Sibilo (voir photo).

Quant à cette Karin, il s’agit d’une voiture à trois places aux formes trapézoïdales. On retrouve trois sièges à l’intérieur. Celui du conducteur est central et placé légèrement plus à l’avant que ceux des deux passagers. On avait pu voir une approche similaire sur la Matra Bagheera (1973-1980) et plus tard, il sera visible sur la McLaren F1 (1992). Le volant télescopique permettait au conducteur un ajustement parfait. Derrière ce dernier se trouvait un espace où était présentée l’instrumentation de la voiture.

Au niveau des phares, les amateurs de la marque reconnaîtront le style adopté par ceux de la Citroën SM, mais aussi ceux de la Renault Alpine A310, une voiture sur laquelle Trevor Flore a aussi travaillé. À l’arrière, on retrouve un peu l’esprit de la Lotus… Esprit. Celui de la DeLorean DMC-12, également, lorsqu’on prend le temps de laisser aller son imagination.

C’est la firme Coggiola qui a assuré la construction de cette chose, en collaboration avec son designer. Ce qui frappe peut-être le plus, c’est ce toit de très petite dimension qui se trouve à la rencontre des surfaces qui rappellent celles d’une pyramide. Vous pouvez le constater sur la vue de profil, la voiture était en avance sur son temps au niveau de l’aérodynamisme.

Étonnamment, même si Citroën ne l’avait pas exigé, elle était tout à fait fonctionnelle. À l’animation des roues avant, un moteur 4-cylindres. La suspension, fidèle aux pratiques de l’entreprise, était de type pneumatique.

Unique.