On parle abondamment de la Dodge Dart par les temps qui courent, et pour cause; Dodge vient d’introduire sur le marché une toute nouvelle voiture qui porte ce nom. Cependant, pour ceux qui ont connu la glorieuse époque des années 60, le nom Dart a une tout autre signification

En fait, la simple mention du nom renvoie à un Muscle Car de la fin des années 60, un modèle qui en a fait saliver plus d’un et qui a laissé un souvenir indélébile dans la mémoire de plusieurs.

Cette semaine, c’est à cette Dart que l’on s’intéresse. Un jour, nous rédigerons peut-être un article sur les 25 ans de la Dart nouvelle, qui sait.

Nous en parlions, la mention du nom Dart en renvoie plusieurs à l’époque des Muscle Car. Cependant, pour d’autres, légèrement plus âgés, la Dart, c’est la voiture pleine grandeur introduite par Dodge en 1960. Il a fallu attendre quelques années avant qu’elle ne devienne à la fois plus compacte et plus musclée.

Ainsi, selon l’âge, les souvenirs en relation avec la Dart peuvent différer.

Néanmoins, cesdits souvenirs sont généralement bons, qu’on parle de la première incarnation du modèle en 1960 ou des derniers miles de ce dernier au milieu des années 70. Pour une raison toute simple, la Dart a toujours su plaire aux masses et c’est peut-être un peu pourquoi Dodge a décidé de raviver le nom, près de 30 ans après sa disparition.

C’est qu’à l’époque, la Dart avait été conçue pour remplacer les modèles Plymouth d’entrée de gamme qui étaient alors vendus à l’intérieur des concessions Dodge. Une réorganisation au sein de la compagnie avait fait en sorte que les Plymouth avaient été sortis des points de vente Dodge qui se retrouvaient du coup sans modèle d’entrée de gamme.

La Dart était alors venue régler ce problème.

Rapidement, elle est devenue la préférée du public chez Dodge.

Lorsque l’année 68 se pointe, la Dart en est déjà à sa quatrième génération. De voiture pleine grandeur qu’elle était, elle est devenue une compacte dès 1963. En 1967, elle adopte les formes qu’on va lui connaître pratiquement jusqu’à sa disparition, en 1976. Avec le temps, elle devient aussi une machine infernale, comme en témoigne l’offre mécanique qui sera soumise par Dodge au cours des années subséquentes.

À titre comparatif, lors de la période 1963-1966, trois moteurs sont proposés pour animer la Dart : deux six cylindres en ligne (170 et 225 pouces cubes) ainsi qu’un V8 de 273 pouces cubes. Lorsque la Dart est revue en 1967, la puissance du moteur de 170 pouces cubes gagne 14 chevaux et dès le milieu de l’année, un premier moteur « Big Block » de 383 pouces cubes est offert par le manufacturier sur la version GTS. C’était signe de choses à venir.

L’année suivante, en 1968, deux moteurs V8 peuvent être trouvés sous le capot des modèles GTS, soit ce même V8 de 383 pouces cubes et un nouveau V8 de 340 pouces cubes.

On retrouvait trois variantes de la Dart en 1968 : la Dart, la Dart 270 et la Dart GT/GTS. Bien sûr, les amateurs de performances salivaient à l’idée de se balader à bord d’une version GTS, mais cette dernière n’était pas donnée. En fait, on comptait plus de 1000 $ de différence entre une version GTS décapotable (3383 $) et une version de base de la Dart (2334 $). Sans surprise, les deux premières variantes se sont avérées plus populaires auprès des amateurs, et ce, dans une proportion de quatre pour un.

Aujourd’hui, conséquemment, les versions originales plus musclées sont plus difficiles à trouver et requièrent des investissements plus importants. Cependant, pour ceux qui désirent tout de la Dart, sans trop se soucier de l’aspect originalité, il y a moyen de moyenner, comme vous allez rapidement le réaliser.

Notre Dart fait partie de la variante qui s’est avérée la plus populaire en 1968 avec quelque 76 500 unités produites. Cependant, elle ne se présente plus sous son aspect original aujourd’hui, car quelque part, au cours de son parcours, elle a subi une greffe du cœur.

En effet, celle qui est née avec un V8 de 273 pouces cubes sous le capot est désormais animée par un V8 de 360 pouces cubes qui a à son tour été trafiqué. Entre autres, sa tête est maintenant celle d’un moteur 340, son carburateur est de marque Holly, sa tubulure d’admission est signée Edelbrock et son rapport de pont est de 4.10.

Ce n’est certainement pas son propriétaire actuel, Jean-Claude Tremblay, qui va s’en plaindre. Passionné d’automobiles depuis qu’il est en âge de conduire, ce dernier s’intéresse aux vieilles voitures en général. À preuve, il en a possédé une quarantaine environ depuis la première qu’il s’est offert en 1978, une Pontiac Stratochief 1965.

« J’ai vraiment eu toute sorte de voitures, confie Jean-Claude Tremblay. J’avais autant de plaisir avec une voiture équipée d’un petit moteur que d’un gros moteur puissant. Cependant, un jour, j’ai eu une Oldsmobile 442 convertible 1971; là, la piqûre des Muscle Car est vraiment née. » Depuis, la flamme est allumée en permanence.

Ainsi, le fait que la puissance du moteur qui repose sous le capot de sa Dart soit évaluée à 440 chevaux ne le dérange aucunement. Lorsqu’on monte à bord et qu’on démarre la voiture, on sent cette dernière trembler, prête à arracher tout ce qui se trouve sous elle.

Littéralement, on a créé un monstre.

Ce monstre, il n’est que de passage dans la vie de Jean-Claude Tremblay. Au moment de notre rencontre, il s’apprêtait à mettre la voiture à vendre, tout simplement pour avoir le loisir de s’en procurer une autre pour l’été prochain. « Je ne m’attache pas à un modèle. Plutôt, en changeant souvent, ça me donne l’occasion d’avoir et d’essayer plusieurs voitures.

Voilà une stratégie qui n’est pas bête. Les voitures ont tendance à conserver leur valeur sur le marché alors il y a moyen de s’amuser à petit frais.

Chose certaine, à voir son sourire lorsqu’il prend le volant de sa voiture, on vous le confirme en mille; Jean-Claude Tremblay s’amuse comme un petit fou.