Un simple regard au paysage automobile d’aujourd’hui vous fait réaliser que Mazda n’a pas donné suite au projet. Et la première Amati, qui devait être un produit dérivé de la Mazda 929, n’a jamais vu le jour.

Le contexte se prêtait pourtant très bien à l’arrivée de cette bannière au début des années 1990. Il faut se rappeler qu’alors, les trois concurrents japonais de Mazda, soit Honda, Toyota et Nissan, venaient de lancer leurs propres marques de luxe: Acura, Lexus et Infiniti, respectivement.

D’importants efforts avaient pourtant été déployés de la part de Mazda, à l’époque, pour faire de cette annonce une réalité. Cette année-là, le constructeur avait embauché une quarantaine de personnes à son quartier d’Irvine, en Californie, afin de développer la future bannière. Une somme de 75 millions avait même été allouée pour faire la promotion de la nouvelle marque.

Le projet est rapidement devenu sérieux. Trois modèles ont été conçus et étaient prêts à prendre la direction des quelque 75 concessionnaires d’Amérique ayant signé une entente pour la distribution.

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Les modèles que la nouvelle marque de luxe devait initialement proposer étaient l’Amati 300, l’Amati 500 et l’Amati 1000. Mais… devant l’annulation du plan en octobre 1992, les voitures ont été redirigées vers le marché européen et prenaient alors les noms respectifs de Xedos 6, Xedos 9 et Mazda Sentia.

Mazda avait blâmé la récession qui s’annonçait pour expliquer son attitude vire-capot. Mais plusieurs ont avancé que Ford, qui détenait alors 25% de parts dans Mazda, aurait exercé une sorte de véto afin de bloquer le projet; l’Amati aurait indubitablement fait ombrage à la marque Lincoln.

Quatre ans plus tard, Ford ajoutait quelque 480 millions dans l’aventure Mazda, faisant passer ses parts de 25% à 33,4%. Comme par hasard, cette somme a permis à Mazda d’effacer les 434 millions dépensés dans l’aventure Amati.