Vous pouvez inscrire le nom de la 330 GT 2+2 sur cette liste.

Et pourquoi donc, demandez-vous avec justesse ? Car après tout, elle fut produite à raison de 1088 exemplaires. En fait, c’est parce qu’il s’agit d’une des seules Ferrari commercialisées dont le faciès arbore quatre phares.

Vous aimez la différence ? Vous auriez alors craqué, comme nous, pour ce modèle qui reposait tranquillement près de l’entrée de notre hôtel.

Pour trouver les origines de la 330 GT qui a fait ses débuts en 1964, il faut reculer de quelques années, en 1960 en fait, pour trouver la 250 GTE. À ce moment, la Scuderia produisait surtout des voitures en petites quantités. Vers la fin des années 50, le fondateur de Ferrari, Enzo de son prénom, commence à réaliser que pour engranger des profits intéressants, le secret réside peut-être dans le volume de production.

Il faut comprendre qu’à cette époque, Enzo Ferrari doit trouver les moyens de financer un loisir auquel il s’adonne ; la course automobile, comme propriétaire, bien sûr.

Ainsi, c’est dans ce contexte que la 250 GTE va voir le jour. Présentée au Salon de Paris, elle devient la première voiture produite plus massivement par Ferrari. Concrètement, la firme de Maranello va en assembler entre cinq et six par semaine jusqu’en 1963, pour un total de 950.

De plus, le style introduit par la 250 GTE, soit celui du coupé 2+2 à quatre places, est nouveau pour la firme. S’il choque les puristes, il s’avère populaire auprès du public. D’ailleurs, si l’on tient compte du parcours de la 250 GTE et de celle qui lui succédera, la 330  GT, on parle d’un peu plus de 50  % des ventes du constructeur.

Sous le capot de la 250 GTE, on retrouvait un V12 de 3 litres, lequel avançait une puissance de 240 chevaux.

Ce n’était pas assez aux yeux de certains, cependant, ce qui explique pourquoi on se retrouve avec le chiffre 330 à l’avant-scène.

La 330 GT, qui fait ses débuts pour l’année 1964, met à profit un V12 de 4 litres dont la puissance est de 300 chevaux. Couplé à une boîte manuelle à quatre rapports munie d’une cinquième vitesse surmultipliée, a-t-on besoin de dire que la performance était au rendez-vous ?

Le design, signé par Tom Tjaarda de la firme Pininfarina, se veut une évolution de celui de la 250 GTE, mais comporte néanmoins une nouveauté qui se fait remarquer en 1964, soit ce fameux faciès à quatre phares. On souhaitait offrir quelque chose de différent ; on venait de frapper dans le mille.

Cependant, ce design n’a pas nécessairement fait l’unanimité, si bien qu’au milieu de 1965, on décidait de revenir à une approche plus conventionnelle à l’avant, soit un faciès à deux phares.

Voilà qui fait des éditions 1964 et 1965 de la 330 GT 2+2 des bibittes plutôt rares.

Et uniques, par le fait même.

Considérant la quantité de modèles incroyables offerts par Ferrari au fil des années, il est bien difficile d’arrêter son choix sur une oeuvre en particulier, si par exemple la providence nous permettait de nous en choisir une.

La 330 GT 2+2, en raison de son style et de ses qualités de routière, mérite qu’on s’y arrête.

Sur le marché, sa valeur est estimée entre 200 000 $ et 350 000 $, selon l’état.

En terminant, une petite note intéressante sur un modèle qui est venu se glisser entre la 250 GTE et la 330 GT, la 330 America.

En raison d’une entente que Ferrari avait avec Pininfarina concernant la livraison de 1000 carrosseries lors de la période de production de la 250 GTE, il fut décidé que pour honorer ladite entente, 50 voitures supplémentaires allaient être produites après la fin de la production de la 250 GTE. Ces dernières sont connues sous le nom de 330 America et comme leur nom l’indique, elles furent en grande partie destinées au marché nord-américain.

Ce modèle, en raison de sa rareté, vaut son pesant d’or aux yeux des collectionneurs.