Introduite en 1967, la Fida, d’abord sous le nom de Rivolta S4, fut la première, et la seule, voiture à quatre portes proposée par la compagnie. Après les succès remportés par les modèles mentionnés plus haut, l’idée d’introduire une berline de luxe n’était pas mauvaise, loin de là. Plutôt, ce sont les coûts de production liés à sa création qui ne tardèrent pas à lui compliquer l’existence.

Pourtant, les choses devaient être simples au niveau conceptuel, surtout qu’on avait décidé de faire appel à des organes mécaniques américains, notamment un moteur provenant du groupe General Motors. Les premiers exemplaires du modèle mettaient à profit le V8 de 327 pouces cubes de la Chevrolet Corvette.

Cependant, le choix d’y aller avec des cuirs cousus à la main et de boiseries traitées pour décorer l’habitacle a rapidement fait grimper les coûts de production au-delà des prévisions de la compagnie. En conséquence, cette dernière fut forcée de faire croître la facture pour rendre viable son projet.

Au final, le consommateur fut placé devant une voiture qui se vendait autour de 13 000 $ US en 1968. Ça, c’était à peu près le prix qui était demandé pour une Rolls-Royce.

Le problème, c’est que malgré un habitacle cossu, la Fidia ne livrait pas le niveau de qualité d’une Rolls-Royce. Sa réputation n’était pas la même, non plus. Pire, la qualité d’assemblage montrait des défaillances et la rouille avait tendance à se faire une niche rapidement sur les panneaux de la carrosserie.

Concernant cette dernière, même si elle n’était pas conçue pour faire tourner les têtes, elle ne conférait pas moins une certaine élégance à la voiture. Le design était signé Giorgetto Giugiaro, alors chez le carrossier Ghia et certes l’un des maîtres de son époque, lui qui avait déjà conçu la Rivolta et la Grifo et qui allait plus tard accoucher de la Lotus Esprit et de la DeLorean, entre autres.

Fait intéressant : en 1973, GM exigea que les moteurs qu’elle fournissait à la compagnie soient payés d’avance. Iso se tourna alors vers Ford qui n’hésita pas à lui fournir un V8 également, soit son fameux 351 pouces cubes.

Vous pouvez donc trouver des exemplaires munis de blocs de l’un ou l’autre de ces grands rivaux.

Mais qu’elle soit équipée d’un V8 Chevrolet ou Ford, la performance était au rendez-vous. Cependant, on raconte que la tenue de route n’était pas à la hauteur, pas en mesure de répondre à la puissance livrée, du moins.

En tout, 192 exemplaires furent livrés entre 1967 et 1975. Il est clair que très peu sont toujours en circulation et ceux qui le sont font probablement partie de collections privées ou de musées.

Néanmoins, une petite recherche sur le Net nous a permis de trouver quelques modèles à vendre. L’un deux était affiché à un prix de 50 000 $ US, l’autre au double, mais avec une emphase sur son originalité et le fait qu’au compteur, on ne retrouvait que 49 000 kilomètres d’usure.

La Fidia aurait pu connaître un succès. Cependant, une mauvaise planification de la compagnie l’a rapidement placé sur une liste de voitures à laquelle il ne fallait pas toucher. Ce qui est dommage, c’est qu’en raison de sa mécanique américaine, on parle d’un modèle qui ne se montre pas compliqué à entretenir aujourd’hui.

Une option pour ceux qui aiment la différence.