Et cette dernière était novatrice pour l’époque. Malheureusement, son exécution ne fut pas à la hauteur. Voilà l’une des principales raisons qui expliquent pourquoi le Rancho n’a jamais connu le succès commercial qu’on espérait pour lui.

En quelque sorte, c’est dommage, et à plusieurs niveaux. D’abord parce qu’au moment de sa conception, Matra était sous la gouverne de Chrysler et qu’un succès commercial aurait certainement permis à la division d’avoir les reins plus solides au moment où l’avenir du géant américain se jouait aux États-Unis. Le résultat net fut que Chrysler a dû liquider ses avoirs en Europe afin de concentrer ses efforts sur le plan domestique.

Le sort du Rancho fut triste également, car esthétiquement, il était fort joli. En fait, son style pavait la voie à ce qu’on allait voir chez Land Rover au cours des prochaines années, même si l’inspiration derrière le Rancho pouvait aussi trouver ses racines chez la firme anglaise.

Certaines configurations pouvaient même recevoir jusqu’à sept personnes et certaines parties de la carasse étaient composées de fibre de verre, donc exemptes de corrosion. Le problème, c’est que sous ces dernières, la base ne l’était pas et elle rouillait à vue d’oeil. À l’arrière, on retrouvait un hayon qui s’ouvrait en deux sections et le volume intérieur se voulait fort intéressant pour le chargement.

Il était même possible de rabattre les sièges arrière, et même, de les faire disparaître dans le plancher.

Précurseur, qu’on vous dit.

Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné, alors?

Comme dans le cas de bien des produits qui se sont retrouvés au pilori, il faut parler d’un problème général au niveau de la qualité et de la fiabilité. Ça et peut-être le fait que le Rancho était en avance sur son temps. Les gens n’étaient peut-être pas prêts à rouler avec un véhicule qui avait toutes les allures d’un baroudeur, mais qui ne pouvait même pas sortir lors d’une vraie bordée de neige.

Animé par les roues avant, le Rancho profitait d’un petit moteur 4-cylindres de 1,4 litre qui pouvait lui permettre d’atteindre la vitesse de 144 km/h. Ça, c’est probablement avec un vent de dos favorable.

Un autre des problèmes résidait dans le prix. On en demandait l’équivalent de 12 000 $ US au début des années 80. En comparaison, une camionnette Chevrolet neuve coûtait 8000 $.

Peu après son arrivée sur le marché, Simca passait aux mains du groupe PSA (Peugeot et Citroën) et prenait alors le nom de Talbot-Matra. Si vous voyez les deux sur le marché, sachez qu’il s’agit en somme du même produit.

Entre 1978 et 1984, année où il sera sacrifié, un peu plus de 56 000 exemplaires auront le temps de voir le jour.