Vous le devinez, l’ambiance à ce salon fut absolument unique.

D’un côté, c’était l’euphorie, sentiment réapparu grâce à une période de paix retrouvée après six longues années de guerre. Du même coup, de nombreuses pénuries frappaient différents domaines manufacturiers, y compris ceux appelés à fournir les manufacturiers automobiles qui peinaient à retrouver un rythme de production qui leur était acceptable.

Le résultat ? Alors que les consommateurs étaient à l’époque habitués à pouvoir acheter un véhicule en visitant un salon automobile, il leur était impossible de le faire à cette édition 1946.

Un peu comme si on vous offrait votre friandise préférée, mais qu’il vous était impossible d’y toucher.

Néanmoins, le Salon de Paris de 1946 connaît une affluence monstre, une affluence record. Dans les faits, plus d’un million de visiteurs franchissent les tourniquets. Du jamais vu à l’époque.

Les gens étaient affamés.

Et que pouvait-on retrouver sur le plancher ? C’est là que ça devient intéressant, en ce sens que ça symbolisait parfaitement l’époque et son ambiance.

Du côté des marques françaises, majoritaires à ce rassemblement (on en dénombrait trente et une), les visiteurs avaient droit à une grande nouveauté, soit la Renault 4CV. La vedette du Salon, c’était elle. L’histoire prouvera que Renault avait vu juste avec ce modèle qui va s’écouler à plus d’un million d’exemplaires entre 1947 et 1961.

Une autre marque proposant des véhicules au grand public, Panhard, présentait une nouveauté, la Dyna. Cette dernière allait connaître une carrière plus modeste avec une production de quelque 47 000 exemplaires entre 1947 et 1954.

Quant à elle, la firme Rovin proposait une voiture qui était presque prête à la vente, la Rovin D2. Presque, car c’est un prototype qui était sur les planches et de légères modifications ont dû lui être apportées avant que sa commercialisation puisse officiellement débuter.

Pour les plus nantis de la société, les bannières Talbot, Delage et Delahaye répondaient également présentes. Les visiteurs pouvaient admirer la Record au stand de Talbot, la D-180 au kiosque de Delage et la Type 175 à l’espace réservé à la firme Delahaye.

Bien sûr, on ne retrouvait pas que des marques nationales au salon. Certaines bannières venues d’ailleurs y occupaient aussi des places de choix, qu’on parle de Lincoln, de Hudson, de Studebaker, de Packard, de Willys ou de Skoda.

Ford, implantée depuis longtemps en Europe à ce moment de l’histoire, était aussi sur place.
Quant à la grande General Motors, elle voyait ses divisions y exhiber ses plus beaux produits issus des fanions Cadillac, Buick, Chevrolet, Pontiac et Oldsmobile.

Lorsqu’on pense à l’opulence des modèles américains, l’image était forte. Ce pays venait de remporter la guerre et comme un grand bienfaiteur, venait montrer aux consommateurs à quoi ressemblait le nec plus ultra.

Enfin, on le devine, il n’y avait pas de marques allemandes présentes à cette fête. Il faudra en fait attendre 1949 avant qu’un produit y fasse un retour. Ce dernier appartenait alors à Mercedes-Benz.

Si tous les salons automobiles sont uniques, celui de Paris en 1946 fut certes l’un des plus incroyables pour toutes les raisons invoquées ci-haut.