Voilà déjà 17 ans que Speed a été présenté pour la première fois dans les salles de cinéma. Si certains films vieillissent mal, ce n’est pas le cas de l’œuvre du réalisateur Jan de Bont. Cette dernière a bien traversé l’épreuve du temps et se veut encore un excellent divertissement.

La clef du succès? Un bon scénario, une bonne réalisation et un niveau de suspense inégalé. Speed tient le spectateur en haleine du début à la fin.

Speed, au cas où vous ne l’auriez jamais vu, c’est l’histoire d’un fou qui décide de placer une bombe sous un autobus destiné au transport collectif. Le hic, c’est que la bombe en question devient fonctionnelle dès le moment où l’autobus franchit les 50 miles à l’heure (80 km/h). Si la vitesse du bus en question a le malheur de redescendre sous cette barre, la bombe se détonne automatiquement.

Bien sûr, l’autobus est rempli (!) de passagers et l’ordre qui est donné par l’irréfléchi responsable du chaos est strict; si on tente de les évacuer, BANG!

Dès les premières secondes, le spectateur est plongé dans une ambiance qui fait grimper les palpitations cardiaques. Ça débute avec un sauvetage in extremis réalisé par deux policiers, Jack Traven (Keanu Reeves) et Harry Temple (Jeff Daniels), qui réussissent à contrecarrer les plans de Howard Payne (Dennis Hopper). Ce dernier tentait de faire sauter une bombe dans une cage d’ascenseur.

Le lendemain, l’incompris revient à la charge, cette fois-ci pour se venger de Jack Tavern. Il fait d’abord exploser un autobus de la ville de Los Angeles sous ses yeux et lui transmet immédiatement un message; il y a une autre bombe dans un autre autobus, celui dont nous faisions mention un peu plus tôt.

S’amorce alors une course contre la montre. Jack Tavern doit d’abord rattraper cet autobus pour ensuite faire comprendre au chauffeur qu’il ne peut circuler à moins de 50 miles à l’heure, sinon tout va exploser. Il décide de sauter à bord et, suite à un imbroglio avec un passager qui se sentait visé par son arrivée impromptue, le conducteur reçoit un projectile perdu. Ce détail est d’importance, car c’est une des passagères qui se retrouve derrière le volant, en l’occurrence la ravissante Sandra Bullock qui joue le rôle d’Annie Porter.

On prend une grande respiration et on continue!

Dans le script original, la vitesse que devait respecter l’autobus était de 20 miles à l’heure. À ce rythme, les choses n’auraient pas été très excitantes à l’écran. Cependant, le défi d’opter pour une vitesse de 50 miles à l’heure n’était pas sans risques. Même si on s’est efforcé de toujours respecter cette vitesse lors du tournage, on comprend clairement lors de certaines scènes que l’autobus ne circule pas à 50 miles à l’heure. À l’inverse, avant d’atteindre le chiffre magique, on la voit emprunter l’autoroute et l’odomètre du véhicule nous montre qu’elle se déplace à 40 miles à l’heure.

Mais, mis à part ces petites erreurs, on nous rend bien l’effet de vitesse de l’autobus et on se laisse entraîner dès que la course folle est lancée.

Vous le devinez, avec un véhicule de cette taille qui circule à une vitesse minimale de 50 miles à l’heure, tant sur des autoroutes que sur des boulevards urbains, on assiste à une consécution de cascades toutes aussi spectaculaires les unes que les autres. Ce qui est intéressant, c’est que le film a été réalisé en 1993, au moment où la technologie commençait à permettre la réalisation de certains effets spéciaux, mais pas au point où tout pouvait être créé virtuellement. Ainsi, on a fait appel à de vrais cascadeurs et à de vrais véhicules et ce qu’on voit à l’écran, c’est du réel. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles on se laisse subjuguer par le film; on y croit.

Pour réaliser toutes ces cascades, on a utilisé une douzaine d’autobus, chacun ayant une fonction précise. Deux ont été utilisés pour les collisions avec les voitures. Un autre servait pour le filmage des scènes intérieures. Il y en avait un qui était muni d’une plateforme à l’avant afin que l’équipe de tournage puisse filmer Sandra Bullock et Keanu Reeves en plan rapproché. Un a été bourré d’explosifs et sacrifié pour la scène finale et, enfin, un autre véhicule a été préparé pour le tournage de LA cascade qui a fait parler d’elle, le fameux saut sur l’autoroute.

Si une scène devait être choisie pour caractériser Speed, c’est bien elle. Alors que l’autobus circule sur une autoroute en construction, donc abandonnée, elle arrive à un endroit où une section de l’autoroute est manquante, au plein coeur d’un échangeur (de quoi nous faire penser au pire en pensant à l’échangeur Turcot). Il n’y a qu’une seule option; foncer et sauter les 50 pieds qui séparent les deux tronçons d’autoroute.

La scène est aussi spectaculaire qu’invraisemblable. D’abord parce que c’est irréaliste. Ensuite, on voit à l’écran que les deux sections d’autoroute sont au même niveau, même si on nous raconte le contraire. Ensuite, un autobus, ce n’est pas une voiture. Le poids seul du véhicule est un handicap à ce genre de manœuvre.

Néanmoins, on a réussi à faire voler la bête. Bien sûr, une rampe a été aménagée afin de permettre l’envol du mastodonte. L’autobus a été allégé au maximum et son conducteur a été placé en retrait d’une quinzaine de pieds afin de minimiser le risque de blessure. Même qu’on a suspendu ce dernier à l’intérieur, de façon à réduire la force de l’impact à l’atterrissage de la masse d’acier.

Le saut a été effectué à une vitesse de 61 miles à l’heure et s’est relativement bien déroulé. En fait, l’autobus a franchi une plus grande distance que prévu, soit 109 pieds. Cela explique pourquoi nous n’avons pas une vue d’ensemble du saut à l’écran; les caméras n’ont pu tout capter. Inutile de vous dire que le bus en a pris pour son rhume et qu’il n’était plus fonctionnel après l’exploit.

Bien sûr, aucune section de l’autoroute ne manquait lors du tournage. Les maîtres de l’informatique se sont occupés de l’illusion par la suite.

L’autobus poursuit sa cavalcade qui va se terminer au plein cœur d’un aéroport. Là, grâce à un subterfuge visant à déjouer Howard Payne, on réussit à évacuer les passagers et l’autobus, en perdition, va terminer sa course contre un avion qui était en remorquage. Oui, l’explosion est retentissante.

Ça ne signifie pas la fin du film, cependant. Une dernière poursuite se déroule à toute vitesse à bord d’un train.

Ça n’arrête pas qu’on vous dit!

Speed a eu un impact majeur lors de sa sortie. Comme film d’ambiance et de suspense, il est difficile de trouver mieux. L’idée de la vitesse, de la bombe, tout ça était très original, mais le fait d’avoir choisi un autobus comme véhicule principal peut être qualifié comme un coup de maître.

Si vous n’avez pas vu ce film, accourez à votre club vidéo le plus près et gâtez-vous. Si vous l’avez déjà vu, ne croyez-vous pas qu’il est temps de le revoir?