Avant d’aller plus loin cependant, quelques mots sur la compagnie Stutz, plutôt méconnue.

La firme voit une première fois le jour en 1911. Elle produit principalement des voitures de luxe. Comme bien d’autres entreprises de l’époque, elle est durement frappée par la crise économique de 1929 et doit fermer ses portes en 1935.

À la fin des années 60, l’homme d’affaires James O’Donnell fonde une compagnie en se réappropriant le nom de Stutz. Son objectif était aussi de produire des voitures de grand luxe. En 1971, le premier modèle de la nouvelle Stutz prend la route, la Blackhawk.

Seulement, Stutz ne produisait pas la base de ses modèles. Plutôt, elle pigeait dans le catalogue de General Motors. En fait, les voitures que Stutz allait mettre de l’avant jusqu’en 1995 profitaient de composantes General Motors.

Pour le reste, elles offraient tout en matière de luxe. Outre des commodités tels la climatisation, la servodirection et les servofreins ou les vitres électriques, on pouvait par exemple retrouver un minibar à l’arrière et certains des accents intérieurs étaient plaqués en or 24 carats.

Ne s’adressant qu’aux gens très riches, c’est sans surprise qu’on apprend que le premier acheteur fut un certain Elvis Presley.

Au cours de son histoire, la compagnie Stutz a avancé plusieurs modèles, dont la IV-Porte qui fut produite entre 1979 et 1981. Elle pouvait être construite à partir des bases d’une Pontiac Bonneville, d’une Buick LeSabre ou d’une Oldsmobile Delta Royal 88. On reconnaît la signature GM au niveau de la cabine. Le chanteur Kenny Rogers a possédé un exemplaire. Le modèle se vendait quelque chose comme 85 000 $ à l’époque.

Pour ce qui est du reste de la carrosserie, c’est la firme Ghia qui s’en chargeait. Disons qu’elle avait déjà eu la main plus heureuse.

Dans le cas de l’exemplaire que nous avons trouvé en vente en Californie, il avait été construit pour le président de la compagnie Stutz, James O’Donnell. Pour des raisons historiques, il s’agit d’un modèle intéressant.

Cependant, comme vous pouvez le voir sur les photos, le feu a brûlé une partie de l’avant et de l’habitacle. La restauration s’annonce donc très ardue. Et coûteuse, a-t-on besoin de le mentionner.

Le prix demandé est excessif, mais à bien y penser, tout à propos de ce modèle l’est.

Celui qui achètera cette voiture a tout un projet devant lui. Reste à savoir si ce dernier sera rentable à long terme.

Il est bien difficile de prévoir quelle sera la valeur des voitures Stutz dans 50 ans.