Pas vraiment. En fait, si cette Yugo est souvent citée comme une des pires voitures de l’histoire, c’est parce qu’elle a donné de la matière à la critique.

À ses débuts pourtant, le modèle était prometteur. À défaut d’être jolies, ses lignes n’étaient pas hideuses. Au prix demandé, il aurait pu connaître du succès. Il était en effet possible de mettre la main sur une édition pour environ la moitié du prix d’une voiture conventionnelle à l’époque, soit le milieu des années 80.

Le problème, c’est qu’il était possible d’acheter une voiture usagée de bien meilleure qualité pour le même prix.

Sous la robe de la Yugo 45, on retrouvait en fait la Fiat 127. Cette dernière prêtait aussi à la représentante yougoslave sa mécanique, un 4-cylindres de 903 cm3.

Ce qui faisait plutôt mal à la Yugo, c’était la qualité exécrable de son assemblage. Les poignées servant à manipuler les fenêtres restaient souvent dans la main de celui qui osait s’en servir, certains panneaux intérieurs tombaient sans crier gare et la porte du coffre à gants avait tendance à s’ouvrir lorsqu’elle le désirait, régurgitant son contenu au passage.

Au moment de passer la transmission en marche arrière, il fallait parfois s’y prendre à deux mains pour y arriver. On raconte qu’après 80 000 km, il était nécessaire d’éteindre le moteur pour pouvoir effectuer cette opération.

Sur une note personnelle, je me souviendrai toujours que le bras des clignotants d’un modèle flambant neuf était resté dans les mains d’un ami qui le manipulait.

Rien de rassurant.

Au volant, l’expérience n’était pas plus rassurante. La tenue de route était atroce. La voiture possédait une garde au sol plus élevée que sa cousine chez Fiat, principalement pour pouvoir affronter les routes dévastées de la Yougoslavie d’alors, aujourd’hui la Serbie.

Un modèle qui n’a rien fait pour réconcilier les consommateurs avec les produits du bloc de l’Est.

Le genre de modèle que l’histoire a tendance à oublier.