Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Pierre Moreau a déposé cette semaine un projet de loi en ce sens, dans la foulée des orientations et politiques gouvernementales de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de transition énergétique.

À l’heure actuelle, on ne trouve que 130 de ces bornes 400 volts, dont les 113 du Circuit électrique, le principal réseau public de recharge pour véhicules électriques. Celui-ci offre par ailleurs quelque 1400 bornes standards 240 volts…. beaucoup plus lentes : il faut de quatre à six heures pour recharger une voiture avec une borne standard, contre 20 minutes (pour 80 % de charge) avec une borne rapide.

Le développement du Circuit électrique, mis en place depuis 2012 avec la collaboration financière de partenaires publics et privés (dont Métro, Rona, St-Hubert et le Réseau de transport métropolitain), ne s’effectuait pas à un rythme suffisant au goût du gouvernement, surtout en ce qui regarde les bornes à recharge rapide. Il faut dire que le coût de 70 000 $ d’une borne rapide et l’absence de rentabilité d’un tel équipement ne facilitent pas le recrutement de partenaires…

C’est pourquoi Québec souhaite peser sur le gaz (ou plutôt monter le courant!) en confiant à Hydro-Québec le mandat d’ajouter ces 1600 bornes 400 volts sur l’ensemble du territoire, ce qui représenterait un investissement de l’ordre de 130 millions $.

Cette dépense n’aurait toutefois pas de conséquence financière directe pour le gouvernement ni les consommateurs d’électricité. Oui, les coûts liés à l’exploitation de ce service public seraient intégrés aux tarifs de distribution d’électricité, mais ils n’auront pas d’impact sur ceux-ci puisqu’ils devront être compensés par l’augmentation des ventes d’électricité qui en découlera. Au bout du compte, ce seraient donc les propriétaires de voitures électriques, et non l’ensemble des abonnés d’Hydro, qui financeraient cet investissement.

Le plan prévoit d’ailleurs que le rythme d’implantation des nouvelles bornes suivra la hausse des revenus de recharge. En ce sens, il pourrait éventuellement y avoir plus de bornes au total, et plus rapidement. Cela dit, il faudra d’abord que le projet de loi soit adopté, ce que le gouvernement espère d’ici la fin de la présente session.

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« Avec ce réseau de bornes de recharge rapide, plus de citoyens seront encouragés à acheter un véhicule électrique, ce qui contribuera à l’atteinte de notre cible de 100 000 sur les routes du Québec d’ici à 2020 », croit le ministre des Transports, André Fortin.

S’il est vrai que plus de 90 % des recharges de véhicules se font actuellement à la maison, généralement durant la nuit, la disponibilité de bornes le long des autoroutes et dans les centres-villes s’avère essentielle pour les déplacements interurbains.

On trouve actuellement 24 700 véhicules électriques immatriculés au Québec. Chez Hydro, on est confiant que ce nombre doublera d’ici un an. En 2030, soit dans douze ans, Québec espère qu’un million de ces véhicules rouleront chez nous, soit environ 20 % du parc automobile.

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Pendant ce temps en Californie, la Mecque des véhicules électriques aux États-Unis, une compagnie d’électricité, PG&E, vient d’annoncer un incitatif de 3000 $ à l’achat d’une Nissan Leaf, une aide qui s’ajoute aux subventions et avantages fiscaux déjà consentis par les gouvernements aux acheteurs de VE.

Au sujet de l’éventualité d’une telle initiative de la part Hydro-Québec, un porte-parole de la société d’État a indiqué que celle-ci n’a pas le pouvoir nécessaire. « C’est seulement le gouvernement qui peut offrir une telle subvention », dit Louis-Olivier Batty.