Cette indiscipline à l’égard du virage à droite au feu rouge est malheureusement la cause d’accidents parfois tragiques, et alimente de temps à autres le débat sur cette mesure qui visait à procurer aux automobilistes des économies de temps et d’essence.

Rappelons tout de même que le Québec était l’un des seuls endroits en Amérique du Nord où le virage à droite au feu rouge (le VDFR, pour les intimes!) n’était pas permis. Dans l’ouest du continent, les automobilistes y sont familiers depuis plus de 50 ans. Et depuis 1980, il est autorisé partout aux États-Unis, sauf dans la ville de New York. Les autres provinces Canada avaient elles aussi emboîté le pas longtemps avant le Québec.

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Comme d’autres manœuvres routières légales, le VDFR comporte des risques. Et les statistiques d’accidents en témoignent.

De 2013 à 2016, Transports Québec dénombre 1033 accidents ayant fait 1184 victimes à la suite d’un virage à droite au feu rouge. La grande majorité de ces victimes n’ont heureusement subi que des blessures légères.

On déplore tout de même sept décès et 37 blessés graves.

Certains diront que ce nombre est minime par rapport à l’ensemble du bilan routier québécois. En 2016 seulement, la route a fait plus de 37 600 victimes, dont 351 morts et près de 500 blessés graves. Chaque nouvelle victime n’en demeure pas moins une de trop…

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Précisons que ces données du ministère incluent tous les accidents survenus lors d’un VDFR, même aux endroits où la manoeuvre est interdite en tout temps, comme c’est le cas sur l’île de Montréal. N’importe où, par ailleurs, le VDFR peut être prohibé pour des raisons de sécurité; un panneau signale alors cette interdiction.

Malheureusement, Transports Québec n’est pas en mesure de préciser le nombre de piétons et de cyclistes parmi les victimes. Pourtant, ces usagers de la route sont particulièrement vulnérables quand un conducteur effectue un virage à droite au feu rouge. Les organisations qui défendent leurs intérêts sont d’ailleurs souvent les plus critiques à cet égard.

Rappelons tout de même qu’en vertu de la réglementation, les piétons ont la priorité quand vous vous apprêtez à tourner à droite, qu’ils soient déjà engagés dans l’intersection ou qu’ils soient sur le point de le faire.

Bien sûr, la règle de base du VDFR consiste à d’abord immobiliser complètement votre véhicule avant la ligne d’arrêt ou le passage pour piéton, afin de bien vous assurer que la manoeuvre sera sécuritaire.

N’oubliez pas: rien ne vous force à tourner à droite au feu rouge même si le passage est libre. Il s’agit d’un privilège et non d’une obligation. Et l’automobiliste frustré qui klaxonnera pour vous intimer d’avancer s’exposera à une amende de 100 $ à 200 $!

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Si le VDFR est aujourd’hui la norme en Amérique du Nord, ne prenez pas pour acquis que c’est le cas partout dans le monde. Au Mexique, dans les Caraïbes et en Amérique du Sud, la situation peut différer d’un endroit à l’autre.

En Europe, l’autorisation du virage à droite au feu rouge est exceptionnelle et, quand c’est le cas, elle doit être confirmée par un panneau de signalisation. En Chine, la pratique serait généralement permise. Quant au Royaume-Uni et les autres pays où les voitures roulent à gauche, comme le Japon et l’Australie, le virage à… gauche au feu rouge est habituellement prohibé.

Saviez-vous par ailleurs que dans plusieurs états américains et la majorité des provinces canadiennes (pas le Québec bien sûr!), le virage à gauche au feu rouge est permis, en autant que la circulation soit à sens unique dans les deux directions?

Quoiqu’il en soit, si vous voyagez ailleurs qu’en Amérique du Nord, ne prenez donc pas de risque et attendez patiemment que le feu passe au vert!