L’administration de la mairesse Valérie Plante a agrandi il y a quelques jours la carte de car2go et d’Automobile, le service équivalent chez Communauto. Dorénavant, on pourra utiliser ces services d’autopartage dans Ahuntsic (entre le chemin de fer du CP et le boul. Saint-Michel).

Par ailleurs, la zone s’élargit à l’arrondissement de Ville-Marie (centre-ville, village gai, Quartier latin et Vieux-Montréal), auparavant hors de portée. Désormais, on peut s’y rendre à l’ouest, entre les rues Atwater et de la Montagne, et, à l’est, entre Frontenac et Amherst. De plus, des emplacements sont disponibles pour les véhicules électriques en autopartage au centre-ville (zones 405).

Traditionnellement, l’autopartage était offert dans les arrondissements de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Rosemont-La Petite-Patrie, Outremont et Verdun. Mais voilà que certaines petites portions résidentielles d’Outremont et de Verdun, autrefois interdites, s’ajoutent désormais au territoire de ces services, qui ne l’ont pas eu facile ces dernières années, malgré leur popularité.

C’est que l’administration de Denis Coderre avait bloqué leur développement, puisque le maire visait une flotte entièrement électrique. Or, tous les experts considéraient cette position intenable: l’exploitation d’une voiture électrique en libre-service demeure onéreuse, et le service actuel, offert surtout par des véhicules hybrides chez Communauto et à faible consommation (Smart) chez car2go, se justifie amplement du point de vue des émissions de GES.

Comme ces voitures sont sans cesse sur la route, elles contribuent à diminuer le recours total à la voiture privée pour les déplacements urbains.

Ainsi, la nouvelle administration de la mairesse Valérie Plante a changé la donne: dorénavant, tout arrondissement qui désire ajouter le service sur son territoire n’a qu’à faire une demande à l’administration Plante et aura le feu vert.

HeapMedia441824

Une note personnelle, si vous permettez: pratiquement toute personne qui découvre ce mode de transport révolutionnaire l’adopte rapidement. Je possède moi-même une automobile, mais je la laisse dans mon garage dès que je dois me rendre en ville.

Autour de moi, plusieurs utilisateurs affirment eux-aussi que ces services sont parfois magiques: on localise une voiture et on la réserve avec son téléphone intelligent; on se sert de sa carte Opus ou de l’application du téléphone pour la déverrouiller et on décolle; à destination, on laisse le véhicule en verrouillant les portes avec son téléphone ou sa carte Opus. Merci. Bonsoir!

Mais LE plus grand avantage de ce service, c’est la vignette 403. Pour les habitués, elle vous permet de vous stationner pratiquement partout sur le territoire desservi, qui est clairement délimité par la carte affichée sur le téléphone. Évidemment, ça exclut les parcomètres (à moins de payer pour un arrêt temporaire) et les portions de rues où c’est interdit de se garer, comme les arrêts d’autobus.

Pourquoi est-ce un avantage? Parce que la grande difficulté d’utiliser sa voiture en ville, c’est le stationnement: on tourne en rond pendant de longues minutes afin de dénicher une place, souvent payante. Avec l’autopartage, cette étape saute. Et le stationnement est gratuit.

HeapMedia441848

Autres avantages de l’autopartage: comme propriétaire d’une voiture, à chaque fois que je me sers de ce service, j’accumule moins de kilomètres au compteur de mon véhicule. J’étire donc sa durée de vie et diminue le coût de son amortissement.

Et… pas besoin de s’occuper de l’entretien, ni de s’assurer ou de faire le plein (sauf en cas de nécessité, mais alors c’est remboursé par le service). On peut aussi faire plusieurs arrêts et conserver la clé sur soi, si on a de nombreuses courses à faire.

Combien ça coûte? Entre 35 et 47 cents la minute. Un trajet de quelques kilomètres coûte donc l’équivalent du transport en commun, ou moins cher. En tenant compte de tous les frais, qui varie selon qui propose quoi au Québec, c’est majoritairement moins coûteux que d’utiliser sa propre voiture ou le taxi.

HeapMedia441845

Automobile (Communauto) et car2go connaissent une forte croissance à Montréal. Par exemple, la flotte en autopartage chez Communauto double chaque année depuis 2013. «Ça nous a pris 20 ans pour atteindre 1200 véhicules Communauto, contre cinq ans pour 600 véhicules en libre-service, confirme Marco Viviani, vice-président, développement stratégique chez Communauto. Aujourd’hui, notre flotte compte 1700 véhicules à Montréal et 2000 au Québec (grand Montréal, Québec, Gatineau, Sherbrooke).» Notez que le service Automobile n’est toutefois disponible qu’à Montréal et à Québec/Lévis.

La flotte de Communauto compte encore quelques berlines Yaris (emblématiques des débuts), cinq Ford Focus Électriques, une dizaine de Chevrolet Volt, autant de Nissan Versa, 85 Nissan Leaf et plusieurs centaines de Toyota Prius C.

HeapMedia423581

La flotte de car2go comporte 460 véhicules, essentiellement des Smart Fortwo. Mais, en juillet 2017, car2go a ajouté une centaine de Mercedes-Benz CLA à traction intégrale et GLA quatre portes, offerts à 47 cents la minute. De plus, ce mois-ci, l’entreprise (une filiale de Daimler North America) ajoute une vingtaine de Smart Fortwo électriques à sa flotte montréalaise, une première.

Car2go a 50 000 membres à Montréal et plus de 2,7 millions dans le monde, qui conduisent plus de 14 000 véhicules dans 26 villes. Les clients montréalais ont enregistré 10 millions de kilomètres (assez pour faire le tour de la Terre 250 fois) depuis son lancement, en novembre 2013.

En septembre 2016, le groupe PSA (Peugeot et Citroën) investissait dans le développement international de Communauto. PSA possède le service d’autopartage Autolib, qui exploite une flotte de 3900 Bolloré Bluecar 100% électriques dans la région métropolitaine de Paris.

HeapMedia307138

Chez Communauto, le déplacement typique du service Automobile dure 1h10 en moyenne, et pas plus de 10 kilomètres. Ailleurs dans le monde, le trajet typique est de 30 minutes.

Certains utilisateurs conservent la voiture toute la journée: ils disposent d’un tarif qui équivaut à une réservation d’un jour auprès du service de base Communauto. Le phénomène survient souvent les jours d’affluence, alors qu’on doit réserver une Communauto et que l’offre est souvent épuisée.

La plupart des utilisateurs s’en servent pour faire leurs courses ou accompagner des gens en visite (ex. : personnes âgées), des opérations difficiles à effectuer à vélo ou en transports en commun. Bon nombre d’utilisateurs sont des urbains qui ne possèdent pas de voiture, dont de très nombreux Milléniaux. Plusieurs personnes de mon entourage ont même vendu leur voiture pour être membres des deux services.

D’autres, et c’est mon cas, voyagent depuis un territoire mal desservi par le transport en commun, souvent en périphérie, pour se rendre à une station de métro, afin d’éviter la cohue des heures de pointe. C’est le cas dans Mercier-Est (Tétreaultville), Verdun et Ahuntsic.

L’application permet de sélectionner une voiture électrique – un type de motorisation immensément populaire chez les utilisateurs. Croyez-en mon expérience, il y a toujours suffisamment d’énergie pour se rendre à destination sans problème. Ce n’est pas le cas? Le système rend le véhicule indisponible et l’opérateur envoie une équipe pour déplacer le véhicule vers la borne de recharge la plus proche.

Communauto dispose de ses propres bornes et du plus grand parc de véhicules électriques en autopartage au pays (le deuxième en Amérique du Nord). «On fait notre effort pour limiter les GES, mais l’exploitation coûte plus cher que les véhicules à essence, confirme M. Viviani. Le prix d’achat est pratiquement le double d’un véhicule à essence, on doit payer du personnel pour les recharger et les pièces sont plus chères. Mais la voiture électrique, c’est l’avenir.»

HeapMedia441797