À la fin avril, le conseil de ville de Toronto a amendé un projet pilote de politique encadrant les services d’autopartage. Les négociations qui ont suivi n’ont pas abouti. Conséquence: jeudi dernier, le président et chef de la direction de car2go North America, Paul De Long, a écrit aux usagers que l’entreprise cesserait ses activités le 31 mai dans la Ville-Reine.

«Malgré nos efforts et une collaboration de presque six années avec la Ville de Toronto, le nouveau projet pilote de réglementation est tellement restrictif qu’il rend impossible la continuation de nos opérations», affirme-t-il dans un message Internet.

La compagnie considère que la nouvelle réglementation enlèvera 10 000 places de stationnement là où la moitié des usagers du service réservent ou déposent une des 350 Smart Fortwo de sa flotte torontoise. Les arrondissements disposent également de nouveaux pouvoirs leur permettant de retirer à l’autopartage des espaces de stationnements additionnels.

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De plus, les frais pour les permis de stationnement connaîtront une hausse substantielle, jusqu’à 1499$ par véhicule. Et si deux voitures de car2go se retrouvaient stationnées dans un même bout de rue résidentielle, car2go devrait déplacer ailleurs un des deux véhicules.

«Il est clair que Toronto n’a pas réussi à ce jour à établir un encadrement permettant le développement de services d’autopartage, alors que d’autres villes, comme Montréal, Vancouver et Calgary, reconnaissent pleinement leurs bénéfices en matière d’économie et de qualité de vie, a poursuivi M. De Long. Les élus de Toronto n’ont pas pris le temps de connaître les impacts positifs de notre service ailleurs dans le monde. Cette décision affaiblit les options de transport des Torontois et affectera grandement la qualité de vie de nos milliers d’usagers.»

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Les réactions du public ne se sont pas fait attendre. Sur les réseaux sociaux, les usagers dénoncent une décision ridicule, qui va à contre-courant de la lutte pour la diminution des GES et de la congestion urbaine. Selon eux, la décision reviendrait à tuer le concept d’autopartage dans la métropole canadienne, qui est plus congestionnée que jamais.

Rappelons que les élus de Toronto et la filiale de Daimler s’affrontent depuis des années. Rien qu’en 2017, l’entreprise a récolté 42 595 infractions totalisant plus d’un million de dollars.

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Certains conseillers municipaux sont également déçus, comme Ana Bailao, qui considère car2go comme une des composantes du cocktail de moyens de transport (voiture, vélo, marche, transports en commun) permettant aux Torontois de circuler plus facilement.

Mais le maire John Tory estime que la nouvelle réglementation «permet d’opérer les services d’autopartage de façon compatible et raisonnable.» Il accuse car2go de choisir la voie de la confrontation.

car2go, en affaires à Toronto depuis six ans, affirme y avoir 80 000 membres, ce qui en fait un de ses marchés les plus importants au monde. Depuis 2016, les opérations ont connu une croissance de 51%, faisant de Toronto la ville où le service est le plus utilisé au monde. «Nous sommes évidemment profondément déçus d’en arriver à cette décision», ajoute M. De Long.

L’entreprise confirme que, dès maintenant, les véhicules torontois seront progressivement déployés ailleurs en Amérique du Nord, notamment à Montréal qui connaît une très forte croissance. Rappelons que, début mai, les élus montréalais autorisaient car2go et son compétiteur Communauto à étendre leur territoire.

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Car2go a 50 000 membres à Montréal et une flotte de 480 véhicules, dont une vingtaine de Smart Fortwo électriques et une centaine de Mercedes Benz CLA à traction intégrale et GLA quatre portes.

car2go, une filiale du constructeur allemand Daimler, est le leader mondial des services d’autopartage. Elle compte 14 000 véhicules, dont 8000 électriques, dans 26 villes en Europe, Asie et Amérique du Nord. Elle a 450 000 usagers et enregistre 13 millions de locations depuis son lancement il y a une décennie.

Saviez-vous…

… qu’à chaque 3 secondes, un usager entreprend un itinéraire car2go quelque part dans le monde.