L’entreprise californienne Faraday Future a présenté sa première voiture de série, la FF 91, hier au salon CES 2017 à Las Vegas, malgré les doutes soulevés par de récents départs de hauts dirigeants et l’arrêt de la construction de son usine au Nevada.

Au terme d’une très (trop) longue conférence de presse, qui a duré plus d’une heure, l’apparition du fondateur de l’entreprise, le milliardaire chinois et grand patron de LeEco Jia Yueting (surnommé YT), a même été entachée par l’échec navrant d’une démonstration du dispositif de stationnement autonome de la FF 91 qui était sur la scène. Après 30 secondes d’attente, elle n’avait pas encore bougé !

Tous ces écueils n’ont pas semblé affecter Nick Sampson, le vice-président Recherche et développement, qui s’est empressé de dire qu’à l’instar de n’importe quel bébé, cette FF 91 était « souvent timide » ! Quelques minutes plus tard, dans un ultime effort pour ne pas perdre la face, YT a de nouveau appuyé sur un bouton de la portière, après quoi le « bébé » s’est lentement déplacé sur quelques dizaines de mètres en ligne droite. Une piètre démonstration rediffusée en direct sur Internet…

Cette voiture capricieuse deviendra, si elle atteint le stade de la production en 2018 comme promis, une rivale très coûteuse à la Tesla Modèle S. Des sources indépendantes affirment que son prix de base gravitera autour de 150 000 $ US, un chiffre que Sampson s’est gardé de préciser, lui qui s’est contenté de décrire la FF 91 comme un porte-étendard, une notion justifiant un prix élevé.

Très volumineuse (elle est plus longue qu’un utilitaire Tesla Modèle X !), cette voiture à quatre places est animée par des moteurs électriques produisant 1 050 ch pour entraîner les roues arrière. Cette puissance étonnante permet à la FF 91 (dont on ignore le poids) d’accélérer de 0 à 60 mi/h (96 km/h) en 2,39 secs, selon le constructeur. C’est un maigre centième de seconde plus vite qu’un Modèle S P100D, la voiture la plus rapide de la marque d’Elon Musk.

Fournie par LG Chem, sa batterie de 130 kWh permettrait à la FF 91 de parcourir 600 km selon la méthode de calcul de l’EPA ou 700 km si l’on se fie au Nouveau cycle européen de conduite en vigueur dans la CEE. Par ailleurs, à l’aide d’une borne de recharge de 240 v, il serait possible de recharger la batterie, qui serait à 50 % de sa capacité, en moins de 4,5 heures.

Le constructeur travaille également à mettre au point, d’une part, un dispositif de recharge sans fil et, d’autre part, une borne de recharge rapide à 200 kW capable de donner en heure une charge suffisante pour permettre à la FF 91 de parcourir plus de 800 km.

Faraday Future fait aussi miroiter la capacité de sa grande berline à se déplacer en mode autonome (sans intervention du conducteur). Pour en être capable, on l’a dotée d’une dizaine de caméras, de 13 radars, d’une douzaine de capteurs ultrasoniques et même d’un petit lidar 3D circulaire, qui s’extirpe du capot lorsque la voiture passe en mode autonome.

Au-delà de toute cette quincaillerie électronique (parfaitement adaptée à l’environnement du CES), la FF 91 offrira un intérieur cossu à ses quatre occupants. Un habitacle muni de commandes activées par un système de reconnaissance faciale, de sièges à sensation d’apesanteur avec dossiers ventilés s’inclinant sur 60 degrés, d’écrans HD pour tous les occupants et d’un système Internet sans fil.

Depuis hier, Faraday Future accepte des réservations pour les premières voitures qui seront construites. Un dépôt remboursable de 5 000 $ est exigé et les 300 premiers consommateurs qui effectueront une réservation auront le choix de s’offrir un des premiers exemplaires produits : les FF 91 Alliance, des versions plus cossues et plus coûteuses qui seront présentées mars 2017.