La FXX-K Evo, c’est Ferrari au superlatif. Destiné à être produit au compte-gouttes pour une poignée d’acheteurs bien nantis triés sur le volet, ce bolide a été présenté en première mondiale dans le cadre de la Finali Mondiali, la finale internationale des championnats impliquant les voitures du constructeur de Maranello (Ferrari Challenge, 458 Challenge Evo, Coppa Shell, Trofeo Pirelli). L’événement avait lieu les 27 et 28 octobre au circuit de Mugello au nord-est de Florence, en Italie.

Comme son nom l’indique, cette nouveauté est la plus récente version (ou évolution) d’une famille de supervoitures servant au programme « XX » de Ferrari.

Qualifiées de « voitures laboratoires », elles sont produites spécifiquement pour contribuer aux programmes de recherche et de développement de la marque. Elles ne sont pas homologuées pour la route, ni destinées spécifiquement à la compétition, du moins pas en dehors d’un programme qui leur est dédié.

HeapMedia443116

Par rapport à la FXX K, qui avait été présentée lors de la Finali Mondiali d’Abu Dhabi, en 2014, l’Evo se distingue avant tout par une réduction de poids obtenue par « des procédés innovants de fabrication de composants en fibre de carbone », explique le constructeur.

Ce dernier ne chiffre toutefois pas sa masse (pas plus, d’ailleurs, qu’il ne l’avait fait pour le modèle antérieur). Cependant, elle est assurément inférieure à 1 255 kg, soit la masse de la Ferrari LaFerrari, modèle dont elle est issue.

La FXX K Evo aurait aussi des qualités aérodynamiques supérieures, auquel contribue le nouvel aileron arrière fixe. Le coefficient de portance négative de l’Evo aurait été amélioré de 23 % par rapport à sa devancière, ce qui équivaut à une augmentation de 75 % par rapport à la LaFerrari. La portance négative à 200 km/h atteint 640 kg et elle passe à 830 kg lorsque la voiture atteint sa vitesse de pointe (également inconnue).

L’effet de sol a également été amélioré par l’introduction de générateurs de tourbillons sur le plateau inférieur. Cette amélioration génère 30 % de la portance négative supplémentaire fournie par la voiture par rapport à la FXX K.

Compte tenu des performances accrues de l’Evo, il a aussi fallu réaliser de nouvelles prises d’air pour les freins avant qui, bien qu’elles ne soient pas plus larges (pour éviter l’augmentation de la traînée), s’avèrent tout de même plus efficaces. Les éléments de la suspension ont également été recalibrés en fonction des meilleures performances aérodynamiques.

L’habitacle reçoit un nouveau volant dérivé de ceux utilisés en Formule 1, alors qu’un nouvel écran de 6,5 po, à droite du conducteur, doit compenser légèrement mieux la piètre visibilité arrière, surtout lorsqu’il faut reculer ce bolide.

HeapMedia443110

Côté moteur, c’est le statu quo puisque l’Evo a le même que sa devancière. Comme le rappelle la lettre K de son nom, il s’agit d’un groupe motopropulseur hybride Hy-KERS (acronyme de Hybrid-Kinetic Energy Recovery System).

Il réunit un V12 de 6,3 litres et un moteur électrique de 140 kW, qui livrent une puissance nette de 1 050 ch et un couple supérieur à 664 lb-pi. Cela permettrait à l’Evo d’abattre les 100 km/h en 2,5 secondes environ. Une boîte de vitesses à double embrayage de F1 ayant 7 rapports transmet toute cette puissance aux roues arrière.

Ferrari n’aurait produit qu’une trentaine d’exemplaires de la FXX K. On s’attend à ce que le constructeur italien ne produise guère plus d’Evo, modèle dont le prix reste inconnu. On l’estime cependant à environ 3 millions de dollars, soit le prix du modèle antérieur.

On verra les FXX K Evo en piste en 2018 et en 2019, dans le cadre des événements du programme XX.

Les origines de la FXX, premier modèle de cette famille de bolides, remontent à l’Enzo. Cette biplace dévoilée en 2002 et lancée deux ans plus tard portait le nom de code FX. Pour la FXX K, c’est la LaFerrari qui a servi de base.

Cette famille de voitures extrêmes a été réalisée pour le programme XX, amorcé en 2005. Le constructeur qualifie ce programme « d’extraordinaire formule de partenariat entre Ferrari et ses clients ». Ces derniers peuvent piloter sur piste des voitures d’exception qu’ils achètent, tout en contribuant à la mise au point des futurs produits de la marque.

Durant leur temps de piste, des appareils de télémétrie enregistrent une foule de données qui sont transmises aux ingénieurs et techniciens de Ferrari pour servir à la mise au point de ces voitures, mais aussi contribuer au développement de nouveaux modèles. « Avoir une Ferrari est un privilège, mais posséder une XX c’est l’apothéose », affirme le constructeur.