La Ford Fiesta célèbre ses 40 ans cette année. Cette voiture a fait ses débuts l’année de la mise en service du supersonique Concorde d’Air France et de British Airways. C’était aussi l’année où la société Apple Computer a été fondée.

Or, qui aurait pu imaginer que quatre décennies plus tard, le célèbre supersonique aurait disparu, alors que le nom Apple ferait partie du langage populaire. Et comme les appareils de Cupertino, la Fiesta est toujours là, elle aussi. Curieusement, les services de presse de Ford ont largement passé sous silence ce quarantième anniversaire.

Quoi qu’il en soit, la genèse de cette sous-compacte remonte au début des années 70. La Fiesta a d’ailleurs été une affaire personnelle pour Henry Ford II, le président de Ford à l’époque et petit-fils du fondateur. Convaincu de l’avenir des petites voitures, un sentiment qu’allait renforcer la crise du pétrole qui s’est déclarée en décembre 1973, Ford a voulu créer une nouvelle petite vouée à une diffusion mondiale.

Le développement de cette nouveauté d’abord désignée par le nom de code Bobcat a été le fruit d’une collaboration entre les bureaux d’études et d’ingénierie de Ford à Cologne, en Allemagne, et à Dunton, en Angleterre. Ses créateurs tentaient d’émuler les ténors du créneau des sous-compactes d’alors : la Renault 5, la Volkswagen Polo et la Fiat 127.

En 1974, alors que la liste de 50 noms potentiels est réduite à cinq — Bravo, Amigo, Strada, Pony et Fiesta, Henry Ford II tranche. Il choisit Fiesta parce que ce nom est à la fois plein de couleur et dynamique, mais aussi pour évoquer le constructeur d’une usine d’assemblage en sol espagnol (la première dans ce pays); un projet dans lequel il s’investit personnellement pleinement, jusqu’à l’inauguration des installations construites à Almussafes, près de Valence, qu’il célèbre en présence du roi d’Espagne, Juan Carlos.

Depuis, les six générations de Fiesta qui se sont succédé ont été fabriquées dans différentes usines de la planète. De 1976 à 1995, la production est d’abord concentrée dans trois pays d’Europe. Elle a débuté en mai 1976 à l’usine allemande de Saarlouis et, quelques mois plus tard, les usines de Valence et de Dagenham emboîtent le pas.

Pour répondre à une demande croissante et étendre la diffusion mondiale de la Fiesta, d’autres usines sont rapidement mises à contribution. En octobre 1979, la production débute dans une seconde usine allemande, à Cologne. Puis, au fil des ans, la Fiesta sera également assemblée au Brésil, en Argentine, en Afrique du Sud, au Mexique, en Inde, en Thaïlande, au Vietnam, en Russie et en Chine.

En 40 ans, plus de 16,8 millions d’exemplaires de cette petite voiture ont été fabriqués. À elle seule, l’usine de Cologne en a produit plus de 8 millions, alors que celle de Valence en a livré plus de 5 millions.

Les Canadiens n’ont connu que deux générations de la Fiesta : la toute première, qui a été produite de 1976 à 1983, et la plus récente, lancée en 2008. D’ailleurs, la Fiesta originale a été vendue au Canada et aux États-Unis de 1978 à 1980 avant d’être remplacée par une première génération de Ford Escort américanisée.

Dans la gamme des produits Ford proposée en Amérique du Nord, la Fiesta tranchait radicalement aux côtés de la Pinto et ressemblait plutôt à une « importée » typique. Les stratèges de la marque misaient d’ailleurs là-dessus, estimant qu’elle pourrait susciter plus d’engouement auprès d’une clientèle qui avait adopté les « p’tites japonaises » d’alors.

On pense ici à la Honda Civic, la Mazda GLC, la Datsun B210 et la Toyota Corolla, mais aussi à d’autres modèles « importés » comme la Volkswagen Rabbit et la Renault 5 (au Québec tout particulièrement) et même la Lada 1500. Il faut se souvenir, enfin, qu’à cette époque les constructeurs étatsuniens (en manque d’imagination) alignaient dans ce créneau la Ford Pinto, la Chevrolet Chevette, l’AMC Gremlin et les jumelles Plymouth Horizon et Dodge Omni de Chrysler.

En 1978, Ford offrait la Fiesta à partir de 3 997 $ aux consommateurs canadiens. Cette traction était animée par un 4-cylindres de 1,6 L jumelé à une boîte de vitesses manuelles à 4 rapports. Près de 300 000 Fiesta ont trouvé preneurs durant les quatre années où cette première génération a été offerte en Amérique du Nord.