Consumer Reports vient de publier ses avis sur la Tesla Model 3. D’abord, les bonnes nouvelles: les testeurs ont apprécié sa vitesse semblable à la Porsche Boxster, de même que son autonomie de 550 km (50 km de plus que les propres chiffres de Tesla).

Les moins bonnes nouvelles, maintenant: Consumer Reports critique l’approche des commandes tout à l’écran. Autrement dit, l’absence de contrôles manuels oblige le conducteur à passer par plusieurs étapes pour obtenir le résultat souhaité.

C’est autant de secondes les yeux rivés à l’écran qui ne regardent pas la route.

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Surtout, dans les tests de freinage menés par l’organisme privé avec une variante deux roues motrices (lire: non munie de la traction intégrale), la Tesla Model 3 peine à freiner convenablement.

De 60 m/h à 0, la berline compacte met 46,3 mètres, contre une moyenne de 40 m pour les véhicules équivalents – même une grosse camionnette F-150 freine mieux!

Soucieuse de vérifier si elle était «dans le champ» avec cette donnée, l’équipe des essais automobiles chez Consumer Reports a communiqué avec d’autres testeurs, notamment le responsable chez Car and Driver, K.C. Colwell.

Celui-ci a confirmé la chose: «Je teste des véhicules depuis 11 ans et jamais une voiture n’a eu un freinage aussi irrégulier que celui de la Tesla Model 3. Mis à part quelques camionnettes, cette voiture freine vraiment bizarrement.»

En réponse au critiques de Consumer Reports, Tesla affirme par courriel que «ses Model 3 freinent en 40 mètres d’après ses propres tests, voire moins», mais que «la distance de freinage peut varier en fonction de la surface de la route, de la température extérieure et de celle des pneus, ainsi que des habitudes de freinage des conducteurs précédents».

Le constructeur californien prévoit faire les ajustements à distance par des mises à jour sans fil – ce que les autres constructeurs ne peuvent réaliser, précise Tesla.

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Ces dernières semaines, les mauvaises nouvelles ne cessent de pleuvoir sur Tesla:

Il y a évidemment ces retards de production de la Tesla Model 3, un modèle grand public pourtant destiné à regarnir les coffres du constructeur;

Il y a eu ce 2e décès au volant d’une Tesla alors qu’elle roulait en mode AutoPilot;

Des propriétaires de Tesla ont documenté tous les pépins qu’ils ont eu (ou ont encore) avec leur berline électrique…

… un écho repris par une firme de Détroit qui pratique l’ingénierie inverse et qui, après l’avoir disséquée, a décrété la Tesla Model 3 construite comme une Kia des années 1990.

De surcroît, un débat sur la vie privée de ses clients vient grandement compliquer la vie du patron Elon Musk.

Mais voilà qui n’empêche pas la Tesla Model 3 d’être, depuis le début de l’année, la voiture électrique (hybrides rechargeables comprises) la plus plus vendue aux États-Unis: du début janvier à la fin d’avril, elle est choisie une fois sur six.

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De fait, d’après les chiffres obtenus par le site InsideEV (tableau ci-dessus), la Tesla Model 3 enregistre, pour l’année 2018, un volume de transactions (12 055 unités) supérieur aux ventes de Chevrolet Bolt (5650 unités) et de Nissan Leaf (3716 unités) – combinées, s’il vous plaît.

Le plus surprenant dans tout cela, c’est que la production des Tesla Model 3 tourne au ralenti en raison d’une chaîne de montage complexe et surautomatisée. Imaginez maintenant le scénario si, tel que le promet Elon Musk, la production de la berline compacte électrique atteint d’ici la fin juin sa pleine capacité – soit 5000 unités par semaine…